la toussaint en Guadeloupe    Début octobre :  Journée régionale de nettoyage des fonds marins 

Le 4 octobre 2015, l'Ecole de la Mer a organisé la 11ème Journée régionale de Nettoyage des Fonds marins sur tout l'archipel, soutenue par la région Guadeloupe, désireuse de sensibiliser les Guadeloupéens à la protection de l’environnement marin et à sa biodiversité. Les clubs de plongées, associations de protection de l'environnement et autres associations liées à la mer ont participé à cette opération, les écoles et entreprises y étant également invitées. L'Ecole de la Mer, organisatrice de l’événement depuis 2008 coordonne la distribution du matériel (gants, sacs, etc.) aux participants et contacte en amont les mairies afin qu'elles mettent à la disposition des bénévoles des bennes de collecte pour les déchets. Les bénévoles s'inscrivent ainsi auprès des différents partenaires qui organisent le nettoyage des côtes et des plages ainsi que des fonds marins (clubs de plongée, apnéistes...).

De notre côté, c'est à Deshaies, que nous avons contribué à ce grand ménage, sous la houlette du centre de plongée Tropical Subdiving. Une bonne vingtaine d'adultes participants et autant d'enfants à fouiner dans les recoins de la plage et du port et à en ressortir non seulement des sacs, mégots, canettes, bouteilles mais également des pneus, moteurs, bac poubelle en plastique et autres objets polluants ! Punch, casse-croûtes et salades ont joyeusement clôturé cette matinée de collecte... Vivement la prochaine édition ! Car grâce à l'accueil chaleureux du club, la bonne humeur des participants et la nature éco-responsable du geste, chacun se sent, je pense, heureux et grandi de cette expérience... 

Thierry Cheutin, photographe, nous en offre un joli souvenir : video du dimanche 4 octobre 2015. Merci à lui.


 Près de 1000 bénévoles se sont impliqués en 2014, dont 529 élèves, pour nettoyer 39 sites répartis sur 12 communes. 160 m3 de déchets ont été ramassés, ce qui représente 55 tonnes.

la toussaint en Guadeloupe    1er novembre :  la Toussaint 

Le culte des ancêtres revêt une importance particulière en Guadeloupe. À la Toussaint, les cimetières sont nettoyés, les tombes fleuries et, à la tombée de la nuit, ils s’illuminent de milliers de bougies blanches et rouges formant un halo chaleureux. Aucune tombe n’est oubliée, même celle qui ne reçoit plus de visites depuis longtemps. La Toussaint est d'autant plus une période de fête et de rassemblement que les Antillais ont un rapport particulier avec leurs défunts : la douleur de la séparation laisse rapidement place à l’évocation joyeuse de la vie du disparu (cf. veillée funèbre). Dans les travées des cimetières, les gens se saluent, s’apostrophent et discutent par petits groupes. Autour des caveaux, on se réunit en famille pour parler des disparus en pique-niquant et en buvant même du rhum. La fête des morts n’a ici rien de triste. Sans oublier les vendeurs ambulants qui proposent des fleurs et de quoi se restaurer. Le cimetière de Morne-à-l'Eau offre à cette occasion un spectacle à ne pas manquer.

En dehors de toute religion, quand on est métropolitain, se joindre à cette fête est une agréable manière de communier avec ses proches disparus, auxquels on ne peut rendre visite.

Route du Rhum en Guadeloupe    début novembre :  La Route du Rhum 

La Route du Rhum est une course de voiliers qui a lieu tous les 4 ans. La dernière édition datant de 2014, la prochaine sera donc pour... 2018. Elle se déroule entre la France (départ de Saint-Malo, "cité corsaire") et la Guadeloupe (arrivée à Pointe-à-Pitre, capitale économique). C'est une course en solitaire (les skipper sont seuls à bord).

  • Son concepteur : Michel Etevenon, professionnel du show-business puis publicitaire, a très vite compris tout l'intérêt économique du sponsoring des compétitions à la voile, ainsi que leur médiatisation auprès du grand public. Il a également souhaité créer une course transatlantique ouverte à tout type de voiliers (mono- et multi-coques) et de skippers (professionnels et amateurs), créant ainsi une dynamique de course au large sans précédent. Michel Etevenon est le frère de Micheline Dax...
  • Historique : La première édition date de 1978. Sur une distance de 3.542 milles marins (soit 6.560 km), elle a été marquée par une courte victoire de 98 secondes du petit trimaran de Mike Birch face au long "cigare" de Michel Malinovski. En 1990, Florence Arthaud, la "fiancée de l'Atlantique" réalise une course incroyable sur Pierre 1er, et gagne la Route du Rhum. En 1998, A 22 ans, Ellen MacArthur gagne en monocoque 50 pieds à bord de son Kingfisher. Malgré les problèmes techniques à répétition, la jeune anglaise va taquiner les 60 pieds et passionner le grand public. En 2006, 74 skippers prennent le départ, et 85 en 2010...
  • Popularité : Elle n'est plus a démontrer : en 2014, sur 10 jours, plus de 2 millions de personnes sont venus voir les 91 voiliers amarrés à Saint-Malo et près de 50.000 spectateurs ont assisté au départ de la course. Les "villages", à Saint-Malo comme à Pointe-à-Pitre, accueillent le public et l'initient à divers univers : activités nautiques, recontres skippers/enfant, dégustations culinaires, défilés de mode, musique, etc. En Guadeloupe, cet événement rythme également les unes des médias, la population vient accueillir les concurrents, des concerts sont organisés et elle sert même de support pédagogique dans les écoles.
  • Edition 2014 : La 10ème édition de la Route du Rhum, dont le partenaire principal est la région Guadeloupe. Les temps de référence établis essentiellement en 2006 et 2010 ont été battus, voire pulvérisés grâce à des conditions météorologiques très favorables, mais aussi à cause du rythme très soutenu dès le coup de canon imposé par des skippers très bien préparés et des bateaux fiabilisés. Vainqueur : Loïck Peyron (Ultime - Banque Populaire VII) en 7 jours 15 heures 08 minutes et 32 secondes (- 2h10'34 par rapport à Franck Cammas en 2010). Ci-dessous, le bateau du vainqueur dans la marina de Pointe-à-Pitre - les voiliers des autres skippers.

Route du rhum à Pointe a Pitre

Route du rhum 2014

Chanté Noël    début décembre :  Chanté Nwèl 

Le chanté Nwel ("chanter Noël" en créole) est une tradition antillaise qui se déroule depuis le lendemain de la Toussaint jusqu'à Noël. Il s'agit d'un regroupement de personnes pour chanter des cantiques de Noël classiques, mais aussi partager un repas traditionnel.

L'origine des chanté Nwel remonte à la période de l'esclavage aux Antilles, dès le XVIIème siècle. Le Code Noir, promulgué par Louis XIV en 1685, impose que les esclaves soient "baptisés et instruits dans la religion catholique, apostolique et romaine". Mais conservant secrètement leurs croyances, il s'ensuit un mélange entre leur culture africaine d'origine et des textes catholiques européens. Aux cantiques se mêlent des improvisations en créole, parfois plus profanes que sacrées, et des sonorités issues de la musique que les Antillais composent. C’est ainsi que les cantiques de Noël, catholiques et européens, qui remontent au Moyen Âge et parfois en latin, prennent leur place dans la tradition musicale créole.

Aujourd'hui, dans les quartiers, le venderdi et le samedi soir, on chante, on danse, on se défoule au son des ti-bois (baguettes de bois), des tambours, du gwoka et des accordéons, sur des rythmes de biguine, de mazurka, de valse créole ou de zouk. Cette année, par exemple, une douzaine de manifestations publiques ont eu lieu dans notre bonne ville de Petit-Bourg, vous en trouverez un extrait filmé par Darling sur www.youtube.com/watch?v=CR-wr7F0j0Q&feature=youtu.be. Voir également la vidéo de Kasika Benzo dans la rubrique Musique.

Le chanté Nwèl reste un moment de partage et de solidarité. De bonne chère également. Si, autrefois, on n’offrait que rhum, sirop d’orgeat et chocolat chaud, aujourd’hui le buffet créole en est partie intégrante : boudin créole, pâtés à la viande (version antillaise de la tourtière), ragoût de cochon, pois d’angole et jambon caramélisé au sucre de canne. Le tout, bien sûr, arrosé de rhum, de ti-punch, de schrubb (liqueur à base de rhum et de pelures d’orange) et de punch coco.

Noël en Guadeloupe    25 décembre :  Nwèl 

Le catholicisme étant la religion la plus représentative de l'île, Noël y est fêté de la même manière qu'en métropole. A quelques détails près...

  • Dès début décembre, certaines maisons se parent des accessoires de rigueur : guirlandes (lumineuses ou non), pères Noël accrochés aux fenêtres, crèches, couronnes et autres décorations multicolores. Il en va de même des magasins et grandes surfaces, ainsi que des rues des villes et villages qui nous souhaitent de "Joyeuses fêtes". Evidemment, ce n'est ni le froid, ni les jours plus courts qui annoncent cet événement, et la vue de ces décorations en pleine journée, par 28°C avec des palmiers en toile de fond, est quelque peu déconcertante pour les métropolitains non habitués que nous sommes. Il faut attendre la nuit tombée (18h) pour que les illuminations nous transportent vers la magie de Noël. Des marchés de Noël sont également organisés à partir de mi-décembre, celui de Baie-Mahault étant l'un des principaux.

Nwèl en Guadeloupe

  • Sale temps pour les cochons ! Une première vraie différence entre la métropole et la Guadeloupe concerne la "gastronomie de Noël". Ici pas de dinde aux marrons, mais des boudins créoles et le fameux jambon de Noël... En effet, autrefois, familles et amis se réunissaient pour le "tué cochon" et préparer ces mets traditionnels ainsi que des ragoûts de porc ou le cochon roussi, en vue des fêtes. Le pois d'Angole (ou pois de bois), les madères, les patates douces, le riz, le gratin de christophine ou d'igname en sont les incontournables accompagnements. Sans oublier les accras... Côté boissons, le rhum est évidemment présent, dans sa version de Noël : le schrubb (à l'écorce d'orange), ou en punch-coco ; l'eau de coco ou le sirop de gwosey-péyi (à mi-chemin entre la groseille et la canneberge) sont plutôt destinés aux enfants. En dessert, le chaudeau (qui ressemble, en meilleur, à une crème anglaise) régale petits et grands... Notons néanmoins que les foies-gras, chapons et autres magrets sont également présents sur l'étal des traiteurs, et que bûches, chocolats et champagne sont tout également appréciés des guadeloupéens !
  • N'oublions pas que Noël est avant tout une fête religieuse, célébrée par la messe de minuit, qui, ici aussi débute vers 19h30... Au retour, on s'empresse de placer le petit Jésus dans la crèche.
  • Autre différence avec la métropole : tandis qu'en France, Noël est fêté en famille autour du foyer, en Guadeloupe, toutes les maisons sont ouvertes à tous, et à toute heure, disposant des victuailles nécessaires pour bien accueillir voisins et amis, qui ne manquent pas d'apporter quelques bouteilles et plats supplémentaires... Et après un petit moment passé là, les convives lèvent le camp pour aller visiter une famille voisine. Les enfants - mais pas seulement - s'habillent en rouge et blanc, arborant l'inévitable bonnet de Noël. Je me souviens avoir vu, le dimanche suivant Noël, quelques femmes très élégamment vêtues aux couleurs de Noël.

S'il n'y a pas de sapin aux Antilles, il y a le fleuri-Noël ! C'est un joli arbrisseau, qui fait éclore de superbes petites fleurs blanches de novembre à janvier. "Boule de neige des Antilles", il est associé à la fin d'année comme le sapin ou le houx en métropole. Le filao (qui ressemblerait à un "pin croisé sapin") peut également faire office d'arbre de Noël.

Nouvel an en Guadeloupe    31 décembre :  le réveillon du nouvel an 

La nuit de la Saint-Sylvestre est ici comme ailleurs une nuit festive. Les plats de fête, comme les pilons de poulet marinés et le jambon cuisiné à la mode traditionnelle, arrosés de punch, s'invitent sur toutes les tables. Les restaurants, discothèques, cafés et clubs prévoient ici aussi des programmes spéciaux pour l’occasion... Une autre option consiste à fêter la nouvelle année sur la plage, autour d'un feu de camp, en attendant le bain de minuit ou le bain démarré !

bain démarré, bain démaré, soukougnan, entre-deux-eaux, eaux découpées, arada, paroka, queue de morue    1er Janvier :  Le bain démarré 

Que diriez-vous de commencer l’année par un petit plouf ? Le "bain démarré".
Sympa ? oui, mais pas si simple ! Et esprits cartésiens s’abstenir...

Rituel typiquement guadeloupéen, magique et religieux, dont les origines se perdent entre l’Afrique et le catholicisme, cette coutume a pour principe de faire peau neuve en se lavant, de chasser les mauvais esprits (les soukougnans, par exemple), d’être libéré des influences négatives et des mauvais sorts de l’année passée et d’attirer la chance pour l’année à venir. Il n’a en revanche rien de thérapeutique (même si certains mélangent parfois le médicinal au mystique, nous le verrons plus tard).

Dans la marine, "démarrer" un navire (à l’inverse de l ’"amarrer") consiste à détacher ses amarres afin qu’il puisse appareiller. De même, on "démarre" un canon en le libérant de ses liens. Et bien, le bain "démarré" consiste avant tout à défaire le corps et l’esprit des salissures de l’année écoulée, à les libérer même des sortilèges dont ils ont été la cible. 

L'on peut distinguer deux types de bain démarrer : l'un sur la plage, à l'eau de mer, l'autre chez soi, à l'eau douce et aux plantes magiques...

  •  A la plage 

Et qui dit "laver" dit "eau", et en l’occurrence eau douce ET eau de mer . En ce sens, il est donc nécessaire de se trouver à proximité d’une plage pour pratiquer le bain démarré, ou encore mieux : à l’embouchure d’une rivière. En effet, cet endroit précis (entre-deux-eaux ou eaux découpées) allie à la puissance de l’eau de mer salée le pouvoir purificateur de l’eau douce, chargée des bienfaits des plantes qu’elle a croisées depuis sa source.

En chemin, on se doit de réciter des prières.

Habituellement, le bain démarré se prend le soir du 31 décembre pour entrer Prop' kon an sou nèf "propre comme un sou neuf" dans la nouvelle année, ou, selon une autre version, quelques minutes après les douze coups de minuit, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Mais cette rigueur d’horloger n’est plus tout à fait respectée et les premiers jours de janvier font aujourd’hui tout aussi bien l’affaire. Tout comme la coutume imposant de se mouiller en tenue d’Adan (et d’Eve) n’a pas trop su résister à la pudibonderie ambiante… et à la législation en vigueur.

Une fois sur le rivage, et s’être donc déshabillé, on va par sept fois livrer son corps aux vagues, sans interrompre sa litanie.

Quelques "accessoires" sont également nécessaires au bon déroulement de cette purification : un petit bouquet de cive (que l’on peut remplacer par de l'arada - Petiveria alliacea ou verveine puante, de la paroka - Momordica charantia ou pomme coolie, ou de la menthe glaciale), une ou plusieurs queues de morue, un savon noir et, dans un mouchoir, une poignée de riz. Ensuite, se frictionner le corps vigoureusement avec tous ça afin de chasser tous les maux accumulés durant l’année écoulée.

Une fois le bain terminé, on va se retirer de la mer (sans regarder derrière soi), attendre le passage de sept vagues et ensuite jeter, par dessus son épaule et sans se retourner, plantes, poisson et savon vers le large pour que le courant emporte au loin les impuretés et autres mauvais sorts dont ils sont chargés. Quant au riz, d’un geste propitiatoire, on le sort du mouchoir et le sème sur le rivage…

Il est ensuite temps de se souhaiter mutuellement une "bonne année" ! Après s’être rhabillé évidemment…

Quelque soit leur classe sociale, leur religion et leur âge, de nombreux guadeloupéens s'adonnent annuellement à cette pratique mystique, ce "véritable" bain de purification… Et pas seulement au 1er de l’an, mais également à la veille de passer un examen, pour éloigner le "guiyon" ou pour chasser une mauvaise passe. Dans ce dernier cas, en matière de calendrier, on préférera un premier lundi ou un premier vendredi du mois, un vendredi treize, un jour pair, une nuit de pleine lune ou encore après la nouvelle lune. Bref, à peu près quand on veut : c’est selon les croyances de chacun…

Dans le même esprit, il est également possible de participer à une offrande collective aux ancêtres et esprits bienveillants, matérialisée par des victuailles placées sur un radeau, le premier dimanche de janvier, précédée d’un bain collectif, au son de groupes carnavalesques (cf. histoire du carnaval guadeloupéen).

  •  A l'eau douce 

Bon, et si on n’a pas la mer à portée de main ? Et bien, une variante du bain démarré "à faire chez soi" existe. Plus orientée vers le pouvoir des plantes et un rien ésotérique, elle nécessite une initiation plus poussée et commence tôt le matin du 31 décembre (en théorie), dans une ambiance bien plus intime que celle des plages : il s’agira là de préparer un bain purificateur à base de plantes cueillies selon un cérémonial à la fois bien établi et... propre à chacun. Remarque : certains pratiquent également l’un après l’autre ces deux rituels (bain de mer et bain de plantes).

Tout démarre par le "feuillage" : cueillette de plantes nécessaires à la préparation du bain. Voici trois "recettes" glanées sur le net (oui, j’ai perdu mon grimoire…) :

  • Recette n°1

Pour cette première recette, il faut faire bouillir dans un grand canari (faitout en créole) les ingrédients suivants, dont les fleurs "porteuses de prospérité" :
- 9 litres d'eau,
- 5 roses rouges,
- 7 roses blanches,
- 1 poignée de sel fin,
- 3 noix de cola,
- 1 cuillère à soupe d'encens de Jérusalem en grains.

Une fois le mélange refroidi (10 minutes après ébullition) il faut encore ajouter le jus de 3 citrons et 10 à 15 gouttes d'huile essentielle de verveine. Puis tracer 3 signes de croix avec l'index de la main droite dans l'eau du bain et lire au-dessus le Notre Père. Ensuite, il ne reste plus qu’à se verser lentement l'eau du bain sur la tête. Le reste (roses et noix de cola) sera à jeter dans une rivière ou un fleuve pour être emporté par le courant. Certains le déposeront à la croisée des chemins pour que le mauvais œil y soit emporté par les voitures…

  • Recette n°2

Rituel assez similaire, dont les ingrédients varient :
- feuilles de raquette (figuier de Barbarie),
- feuilles de cassia alata (ou dartrier)
- herbe à femme (variété de saponaire),
- eau de coco,
- 1 poignée de sel,
- eau trois passages en rivière contre le mal (potion magique),
Le tout mélangé à de l’eau de source ou de fontaine.

  • Recette n°3

Cette autre recette requiert un peu plus de motivation et de connaissances. On aura besoin de :
- lavande rouge,
- lavande blanche,
- 1 rose Cayenne de couleur rouge,
- basilic,
- 1 feuille d’arbre à pain, bien verte,
- ti baume (mille-fleurs) appelé aussi menthe mexicaine ou gros thym,
- verveine blanche et violette,
- monnaie sans compter (noms français : ricinelle des Indes, oreille de chatte, herbe chatte),
- Minné vini. Ce qui est très ennuyeux avec cette plante, c’est que je ne parviens pas à savoir de laquelle il s’agit. Elle est paraît-il célèbre dans le monde des rites magiques et son nom signifie "Ramène vers moi". C’est LA plante, la condition sine qua non du succès : Avant de la cueillir, il faut lui signifier ce que l’on attend d’elle (amour, succès, santé, argent, un vélo...). Et c’est un impératif, sinon elle apporte la mort !
- et quelques parfums ou poudres magiques ne sont pas interdits dans la préparation de cette décoction.

Une fois le tout bien infusé, se laver avec (l’idéal étant de s’immerger dans une baignoire ou un baquet), et une fois toutes les partie du corps bien imprégnées, demander ce dont on a besoin à nouveau… Une fois le bain pris, préserver l’eau qui permettra de laver et de purifier la maison et jeter le feuillage dans un coin du jardin pour qu’il y pourrisse.

Communément, entre 20 et 30 plantes peuvent être associées à cette pratique, choisies et mélangées selon les croyances et attentes de chacun. Il n’est pas faux de penser que nombre d’entre elles ont de véritables vertus thérapeutiques, encore faut-il savoir comment et à quelle fréquence les utiliser. 

Ces rituels, proches du vaudou, nécessitent certaines connaissances et il n’est pas rare, pour qui veut pratiquer sérieusement, de faire appel à un "séancier" ou "quimboiseur", sorte de sorcier / maître de cérémonie, au moins pour établir la liste des plantes nécessaires, si ce n’est pour établir les différentes étapes du rite.

Mais la qualité première de ces bains reste l’impact psychologique qu’ils génèrent, offrant aux baigneurs un véritable sentiment de renouveau, de toute façon bénéfique…


séancier, quimboiseur : Le bain démarré "version hindoue" intègre une triple purification : par l'eau, le feu et le rhum ! Après quoi la famille partage son premier repas de l'année, un colombo (chanblanni).

feuillage, vaudou : Evidemment, tout ces rites ne sont pas sans attirer les charlatans en tout genre et autres vendeurs de poudre de perlimpinpin ! Si l’on peut encore croire en la bonne foi des vendeuses de bouquets et autres huiles à base de plantes croisées au marché, que penser des supermarchés spécialisés et sites internet vendant mille poudres aux compositions inconnues ("succès", "soleil"), parfums enivrants ("ce que femme veut", "plus fort que l’homme") et gadgets magiques made in china ?

carnaval; Kannaval; kanaval; épiphanie, Vaval    De l'Epiphanie au mercredi des cendres : Kanaval 

Issu des rites ancestraux du vieux continent et de l’Afrique, le carnaval guadeloupéen est aujourd’hui une institution. Pendant près de deux mois, il nous fait joyeusement entrer dans la nouvelle année, pour finir en apothéose musicale et chorégraphique lors de la semaine des jours gras.

Nous n'abordons dans cette rubrique que les principaux événements caratérisant le carnaval guadeloupéen, de manière chronologique. En revanche, dans la rubrique Focus historique Carnaval : des origines antiques aux sound systems guadeloupéens, je vous propose d'en découvrir en détail ses origines et son actuel organisation, selon les thèmes suivants :

  • Des lointaines origines du carnaval à nos jours en Guadeloupe
  • La symbolique des masques
  • Musiques, une riche cacophonie
  • Les différents groupes carnavalesques
  • Le carnaval des enfants
  • Les gourmandises traditionnelles
  • Une organisation complexe et fragile
  • Le parrainage / Les retransmissions télévisées / Le carnaval s’exporte
  • Chronologie des festivités (base 2015) et micro-événements

Les Principaux rendez-vous du carnaval :

1er dimanche de janvier : L'Epiphanie marque l'ouverture du carnaval. Des dizaines de groupes et un public impatient se retrouvent dans les rues de Pointe-à-Pitre et de Basse-Terre pour ouvrir la saison carnavalesque. En attendant les "grands défilés" de la semaine dite grasse (précédent Carême), les écoles vont organiser des défilés d'enfants dans les quartiers, et les villes s'animent des premières parades ou de festivités qui leur sont propres lors des week-end. Pour les groupes carnavalesque, cette mise en pieds s'apparente à un "dékrasaj"...

Week-end précédant la semaine grasse : Elections en fanfare et grandes pompes des Princes, Princesses et Miss à Pointe-à-Pitre et des Reines du carnaval à Basse-Terre. Vaval, géant de carton-pâte et Roi du carnaval, est présenté au public : il symbolise tous les problèmes, désagréments et deuils de l'année écoulée, c’est pourquoi il sera brûlé à la fin du carnaval.

Dimanche gras : Grande parade à Pointe-à-Pitre et concours de musiques, de chansons et présentation des groupes en costumes.

Lundi gras : A Basse-Terre, défilé folklorique en pyjamas dès 6h matin (spécificité guadeloupéenne), puis, après la grand-messe, défilé des marchandes (qui comme les cuisinières ont leur propre défilé) et, le soir, parade nocturne avec concours de chorégraphies. C’est également le jour des mariages burlesques et des costumes grotesques.

Mardi gras : Le point culminant du carnaval. Les réjouissances sont ouvertes par la reine du carnaval. Les concours sont nombreux (meilleur groupe, meilleur costume,etc).
Les petits diables rouges embrasent les rues bondées de Pointe-à-Pitre et Basse-Terre. Et le soir, « Giga Parade » de Basse-Terre.

Mercredi des Cendres : C'est le jour du grand « vidé ». On défile dans toutes les communes… Et surtout, à la nuit tombée, on brûle Vaval, et avec lui, les soucis et les égarements passés afin de rentrer "purifié" en Carême. Sans oublier le traditionnel feu d’artifice…

Mi-Carême : A mi-temps entre le carnaval et Pâques, les ultimes défilés carnavalesques, le temps de fêter la résurrection de vaval.

14 juillet    14 juillet :  la - discrète - Fête Nationale  

Bon ! Voici venu notre bon vieux 14 juillet... Et ça se passe où ?
- Euh... La course de vélo ?
- Le concert de Tonton David ?
- Le quoi ?!

Vous l'aurez compris, le 14 juillet n'emballe pas la Guadeloupe outre-mesure... Après quelques minutes passées sur internet à chercher un défilé digne de ce nom et à trouver une trentaine d'animations absolument pas en rapport avec l'événement ("String Break", "BBQ Dance party", "Festival du cerf-volant", etc.), je décide d'emmener les enfants à Basse-Terre, préfecture de la Guadeloupe où à priori il va se passer quelque chose : Houra ! des fanions tricolores et une tribune annoncent l'événement sur le front de mer. Nous nous perchons sur un muret et attendons le défilé, camescope en main. A tout casser 300 badauds nous accompagnent... 

Quand soudain une musique militaire s'élève : je cherche la fanfare... et trouve des haut-parleurs. Après une Marseillaise instrumentale, une frêle voix féminine nous annonce le programme (plié en moins d'une heure) : 1 revue des troupes par un gradé-adjoint tout de blanc vêtu, 3 remises de médaille express, et le défilé (sur 600 m) composé du drapeau tricolore et sa garde (6 hommes), de 48 militaires en treillis, 24 gendarmes armés de fusils, 24 gendarmes sans grade qui ne savent pas marcher au pas, 2 blindés de la gendarmerie, 2 vieux 4x4, 9 motards et 8 ou 9 véhicules du SDIS (pompiers). C'est fini, rentrez chez vous, on commence déjà à retirer les chaises de la tribune officielle. 

Bref, le 14 juillet ne mobilise plus ou pas grand monde en Guadeloupe...

fête nationale Guadeloupe, 14 juillet guadeloupe