Le "qui est qui ?" guadeloupéen situe, au fil de nos rencontres, le rôle plus ou moins direct des personalités liées à l'Histoire de l'île...  La Mulâtresse Solitude, (Statue de Jacky Poulier - photo ci-dessous) est l'une de ces figures emblématiques.

 

personnalités guadeloupéennes

Admiral T Charles Quint - Christophe Colomb - Louis Delgrès - Pierre Belain d’Esnambuc - François 1er - Jean-Baptiste Victor Hugues - Joseph Ignace - Auguste Lacour - Jean-Baptiste Raymond de Lacrosse - Charles Liénard de l'Olive Jacques Martial - Massoteau - Mulâtresse Solitude - Jean du Plessis d'Ossonville - Magloire Pélage - Antoine Richepanse - Patrick Saint-Eloi - Victor Schoelcher - Joëlle Ursull - Francky Vincent -

 

 

Who's who guadeloupéen

Bologne de Saint George, Joseph

29/03/2016 23:16

joseph bologne de Saint George, Chevalier Saint George, Chevalier de Saint GeorgeJoseph Bologne de Saint George est probablement né le 25/12/1745 au Baillif (Guadeloupe) et est décédé à l'âge de 53 ans à Paris le 10 juin 1799. Il est connu pour avoir excellé en tant qu'escrimeur, militaire et musicien.

Les historiens déduisent généralement des sources dont ils disposent qu'il serait né sur le site de la sucrerie de Clairefontaine, au Baillif, de père colon, noble et européen, Georges de Bologne Saint-Georges (1711-1774) et de mère esclave originaire d'Afrique, Anne dite « Nanon », née vers 1728 au Lamentin (Guadeloupe). François-Joseph Fétis, compositeur et critique musical belge du 19ème siècle écrira : « Saint-George (le chevalier de), né à la Guadeloupe, le 25 décembre 1745, était fils de M. de Boulogne, fermier général, qui l'avait eu d'une négresse. »

En 1747, risquant la confiscation de ses biens et la peine de mort à la suite d'un duel avec l'un de ses voisins (qui en mourut), Georges de Bologne Saint-Georges quitte précipitamment la Guadeloupe pour Bordeaux en compagnie de sa femme, parvenant à la convaincre d'emmener avec eux l'esclave qu'il avait engrossée ainsi que son enfant, Joseph, afin d'éviter leur vente à d'autres planteurs. Deux ans plus tard, ayant obtenu grâce, il revient sur ses terres ultra-marines.

Mais le jeune Joseph reste en France, en pension, dans une famille adoptive, celle de Nicolas Texier de la Boëssière (1723-1807), homme de lettres et homme politique mais surtout excellent maître d’armes, qui va coordonner les études du jeune Joseph et lui offrir l'éducation d'un homme du monde. Il y vit heureux, comme un affranchi et en homme de couleur libre.

Doué, intelligent et sportif, en 1761, il entre dans les gendarmes de la garde du Roi, dans le prestigieux corps des Mousquetaires. Le 10 mai 1763 Georges de Bologne achète pour son fils une charge de « Conseiller du Roy », contrôleur ordinaire des guerres, qui lui donne droit au titre d’écuyer. Cet office permet de comprendre pourquoi, la Révolution venue, on lui confiera le commandement d’un régiment de cavalerie légère. En 1766, Monsieur de Saint-George se prépare à devenir chevalier, un combattant à cheval. Il vise, à travers une carrière militaire, un titre de noblesse d'épée. Il devint ensuite écuyer de Mme de Montesson, puis capitaine des gardes du duc de Chartres.

Parallèlement, il se fait rapidement remarqué pour ses talents de danseur, d'écuyer, de patineur, de nageur mais avant tout par son habileté exceptionnelle comme fleurettiste : Le 8 septembre 1766, jeune champion, il rencontre Gian Guiseppe Faldoni, son alter-ego italien. Sa renommée n'en est qu'à ses débuts (elle prend, dans ce domaine, une dimension européenne, en 1787, lorsqu'il affronte amicalement le chevalier d'Eon, à la demande expresse du prince de Galles, Georges Auguste de Hanovre).


Mais avant toute chose, Saint-George est un musicien, violoniste virtuose, compositeur de sonates, de symphonies concertantes pour quatuor d’archets, de concertos et de comédies mêlées d’ariettes. En 1769, déjà surnommé l'inimitable, Saint-George prend le poste de premier violon dans l'orchestre du Concert des amateurs, créé à l'Hôtel de Soubise, sous la direction de François-Joseph Gossec, jusqu'en mars 1773. Il en devient ensuite le chef d'orchestre. Saint-George se voit confier la direction de différents concerts et orchestres et se produit en Europe. En 1776, il est même question de lui confier la direction de l'Académie royale de musique, mais certaines actrices s'adressent à la reine et mettent un terme à cette hypothèse, arguant qu'elles ne sauraient être soumises à la direction d'un mulâtre...

Saint-George participe intensément à la vie culturelle parisienne, des jardins du Palais Royal aux concerts privés de la noblesse. Madame de Montesson, épouse du duc d’Orléans, père, confie à Saint-George la direction de son théâtre privé et lui demande d’être le maître de cérémonie de son salon. D'après Gazeau de Vautibault, Saint-George serait entré au service des Orléans le 1er mai 1779. Saint-George devient même l’un des familiers de la reine Marie-Antoinette. Certains auteurs le disent maître de musique, professeur de clavecin de la reine.

Au début de la Révolution française, Saint-George séjourne en Angleterre. Revenu en France, il revient peu à peu aux fonctions militaires des débuts de sa vie active. D'abord enrôlé dans la Garde nationale (Révolution française) de Lille, il devient ensuite colonel, à la tête d'une légion de soldats de couleur pour défendre la révolution : la Légion Franche des Américains et du Midi qui est devenue de nos jours le 13e régiment de chasseurs à cheval. L’un des officiers sous ses ordres se nomme Alexandre Dumas, futur général de la Révolution et père de l’auteur des Trois Mousquetaires. La légion est envoyée au feu contre les Autrichiens.

Le vendredi 17 mai 1793, les soldats de la Légion des Américains publient une « Adresse à la Convention, à tous les Clubs et sociétés patriotiques pour les nègres détenus en esclavage dans les colonies françaises ». Saint George en est l'un des signataires. Ce texte est un véritable manifeste en faveur de l'abolition immédiate de l'esclavage dans les colonies et propose un projet de société.

Malheureusement, avec l'obscure et complexe affaire Dumouriez, suspecté de sympathies royalistes en raison de son passé à la cour, Saint-George est arrêté, le 4 novembre 1793, à Château-Thierry et, malgré le soutien de la municipalité, jugé. Il est incarcéré, puis libéré, après presque une année de détention. En 1795, il est définitivement révoqué.

Il rentre dans la vie privée et meurt à l'âge de 54 ans, le 12 juin 1799 à Paris, alors que se termine la décennie de la Grande Révolution. Il passe ses dernières années dans un état voisin de la misère, un ulcère à la vessie le conduisant à la tombe.

On a perdu la trace de sa sépulture mais reste du chevalier Saint-George l'inspiration d'un mouvement de promotion sociale des esclaves des Nouveaux Mondes et l'émergence d'une élite métis en Europe occidentale.

Il ne semble pas que Saint-George ait eu une descendance biologique.

 

Campbell, Christy

29/03/2016 23:19

Admiral T, biographie, discographie, Gwadada, kako, wok line, christie CampbellAdmiral T, ou Christy Campbell pour l'état civil, est né le 29 mars 1981 aux Abymes (Guadeloupe). Avec ses 9 frères et sœurs, il est élevé assez strictement par ses parents, dans un quartier défavorisé (quartier Boissard) de Pointe-à-Pitre. Il est très tôt initié à la culture des sound systems et du reggae-dancehall par son grand-frère DJ et devient lui-même disc jockey à seulement 12 ans. Ce qui ne l'empêche pas de suivre sa scolarité et d'obtenir son bac.

Il se fait rapidement remarqué et enregistre son premier titre 1848 (année de l'abolition de l'esclavage en France) à seulement 16 ans. Il enchaîne ensuite les featuring, nouveaux titres et clips, et se fait ainsi connaître en métropole. En 2002, il sort Gwadada (portrait du malaise social de la Guadeloupe) qui sera ultérieurement remixé avec le célèbre groupe de gwoka (percussions antillaises) Akiyo.

Son premier album Mozaïk Kréyòl, produit en 2003, et à nouveau promu par Universal Music AZ en 2004 rencontre un vif succès et est certifié Disque d'argent avec plus de 50 000 exemplaires vendus. 

En 2005, Admiral T tient le premier rôle du film Nèg Maron, réalisé par Jean-Claude Flamand Barny. Il joue aux côtés d'autres artistes tels que D.Daly, Jocelyne Beroard (du groupe Kasav'), ou encore Stomy Bugsy. Ce long-métrage montre de manière réaliste les difficultés de la société antillaise.

En 2006, Il sort Toucher L'Horizon avec des featuring de Kassav', Diam's, Rohff et le groupe jamaïcain TOK, et se place en 9ème position au classement des meilleures ventes de CD en France. Cette même année le projette à l'Olympia avec son collectif My Band. Il est également désigné "personnalité de l'année 2006 en Guadeloupe" devant Lilian Thuram et se voit attribuer le Césaire de la Musique dans la catégorie "révélation de l'année". Mais cette récompense est sujette à polémique eu égard aux propos homophobes qu'il a pu tenir en 2001 dans l'une de ses chansons, Batty Boy Dead Now, dans laquelle il disait en créole : "brûler les pédés". Suite à des excuses jugées peu sincères, ces propos le poursuivront au moins jusqu'en 2007, année durant laquelle certains de ses concerts seront annulés dans le cadre de cette affaire.

Malgré tout, en 2007, son "Fos À Péyi La" Tour (La force du pays) le mène un peu partout en France hexagonale, à Londres et dans les Caraïbes. En 2008, il repart en tournée aux Antilles et en Afrique. Entre temps, il accumule les récompenses, show, reportages, collaborations et tournages de film. Et il produit sous son label Mozaïk Kréyòl (MK) le street album Sweety Gyal de l'étoile montante du reggae-dancehall, Wyckyd J.

Lors des événements de 2009 en Guadeloupe, il soutient les revendications du LKP tout appelant les jeunes au calme. Il enregistre à cette occasion Pété Chènn La (Briser les chaines) appelant les guadeloupéens à se prendre en main. Puis il repart de plus belle en Europe et en Afrique, multipliant les collaborations à succès.

Admiral T sort Instinct Admiral, son 3ème album, en 2010. On y retrouve des featuring de Patrick Saint-Éloi, La Fouine et Médine, entre autres (il entre directement en 15ème position dans les charts). Face B., 4ème album, sort en 2012 et se classe en 36ème position du Top Albums France pendant 1 semaine. Il y dénonce notamment la violence trop présente chez les jeunes Guadeloupéens.

En 2013, une école primaire de la ville des Abymes prend le nom "Christy Campbell", dans le quartier Boissard dont est issu Admiral T.

En 2014, son 5ème album s'intitule I am Christy Campbell. On y retrouve notamment le titre Pa ni Konfyans

Musicalement, il revendique de nombreuses influences : du zouk au reggae de la biguine au hip-hop en passant par la variété française et les musiques africaines. L'un de ses tours de force est d'avoir su concilier dancehall et gwoka, créant le style Kako, au travers duquel il exprime son identité créole.

 

Admiral T est marié à Jessica Campbell qui est aussi son manager et directrice générale de WOK LINE, la ligne de vêtements qu'ils ont créée. Ensemble, à ce jour, ils ont eu trois enfants.

Charles Quint

29/03/2016 23:15

Charles Quint et la GuadeloupeCharles Quint (né en 1500 à Gand en Belgique et mort en 1558 au monastère de Yuste en Espagne). Il est le souverain européen le plus puissant de la première moitié du 16ème siècle. Les héritages qu'il tient de ses familles paternelle et maternelle font de lui le souverain de l'Espagne, des Pays-Bas (Belgique et Pays-Bas actuels), de l'Autriche, du royaume de Naples. Charles Quint, en 1519, est élu empereur du Saint-Empire romain germanique. Sous son règne, les Espagnols conquièrent l'Amérique centrale et du Sud (sauf le Brésil). Charles Quint passe une grande partie de son règne à combattre le roi de France François 1er. Il ne parvient pas à empêcher le développement en Allemagne d'une nouvelle confession chrétienne, le luthéranisme, et doit accepter la division religieuse du pays. Il abandonne son trône en 1556 et partage ses possessions entre son frère et son fils.

 

Colomb, Christophe

29/03/2016 23:13

Christophe Colomb (1451-1506) : Cartographe et marin génois (de l'actuelle ville de Gênes, au nord de l'Italie), il croit, comme les savants grecs, que la terre est un globe (et non plate comme une galette, tel que le pensaient nombre de ses contemporains). Il envisage donc d'atteindre les Indes (dont la voie terrestre est coupée depuis la chute de Constantinople) par l'Atlantique, d'y rouvrir la route commerciale de la soie, des épices, d'innombrables autres richesses, et d'y répandre le christianisme... Il finit par en convaincre deux monarques de l'actuelle Espagne, Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, qui le nomment amiral le 17 avril 1492.

Ainsi missionné, il arrive dans la nuit du 12 octobre 1492 à la tête de trois bateaux (La Pinta, La Nina et La Santa-Maria) et de 90 hommes, aux îles connues aujourd’hui sous le nom des Bahamas (à San Salvador, appelée Guanahani par les locaux). Il s’oriente ensuite vers Cuba et Haïti qu’il baptise « Hispaniola » (l’île espagnole). 

Mais ce n'est qu'au cours de son second voyage vers les Caraïbes, qu'il découvrira et baptisera les îles de Marie-Galante, le 3 novembre 1493, de la Guadeloupe le lendemain, et de Saint-Martin, huit jours plus tard.

 

Delgrès, Louis

29/03/2016 23:11

Louis Delgrès (1766, Martinique - 1802, Guadeloupe) : Juridiquement "libre de couleur", il est le fils d’une Afro-descendante et d’un procureur du roi. Recevant une bonne instruction, il vécut à la Martinique, puis à Tobago (occupée par les Français en 1781) lorsque son père y fut nommé directeur des Domaines.

Enrôlé à dix-sept ans dans la milice de la Martinique, il y est nommé sergent en 1791. Année au cours de laquelle il s’exile à la Dominique lorsque les royalistes prennent le contrôle de son île natale. En 1792, il est élu lieutenant et, en décembre, Louis Delgrès rejoint les rangs des républicains et monte à bord de la Félicité, navire commandé par Lacrosse. Il sert sous les ordres de Rochambeau et est nommé capitaine à titre provisoire. Capturé par les Anglais en février 1794, il est retenu prisonnier, mais rapatrié en mai à Saint-Malo. Il est envoyé en 1795 en Guadeloupe, puis à Sainte-Lucie pour combattre les Anglais. Il y est grièvement blessé le 22 avril. Pour avoir pris le Mont Rabot, à la suite de violents combats, et y avoir hissé le drapeau tricolore, il est nommé capitaine le 25 juin 1795. À Saint-Vincent, il enrôle les Garifunas (population issue d’Afro-descendants et d’Amérindiens). Repris par l’ennemi le 16 juin 1796, il est de nouveau déporté en Angleterre (Porchester) et ne bénéficie d’un échange qu’en septembre 1797. Il séjourne au Havre, à Rouen, puis à l’île d’Aix, en compagnie de Magloire Pélage. En septembre 1799, il est en congé à Paris. Le 1er octobre 1799, il est nommé chef de bataillon. Destiné à accompagner les agents de la Convention Jeannet, Laveaux et Baco en Guadeloupe, il refuse cette nouvelle affectation car il lui est dû des arriérés de sa solde. Finalement, Victor Hugues lui fait une avance et il embarque le 16 novembre 1799.

Le 27 juillet, il est nommé commandant par intérim de l’arrondissement de Basse-Terre. En octobre 1801, il est aide de camp du capitaine général Lacrosse. Ce dernier le qualifie de sans-culotte, ce qui indique son profond engagement révolutionnaire en cette époque du Consulat. Mais, le 1er novembre 1801, lorsque Lacrosse est emprisonné, il se rallie aux officiers rebelles. Le 5 janvier 1802, Louis Delgrès destitue les fonctionnaires blancs accusés de correspondre avec Lacrosse. Deux jours plus tard, il devient chef de l'arrondissement de Basse-Terre. Les 15 et 16 février 1802, en collaboration avec le capitaine Massoteau, Louis Delgrès fait arrêter des officiers blancs. À partir du 10 mai 1802, dans la région de Basse-Terre, Louis Delgrès est le chef de la résistance contre les troupes consulaires. Il fait ouvrir le feu sur les bateaux portant les troupes du général Richepanse, envoyés par Bonaparte pour rétablir l’esclavage avec la collaboration d’Afro-descendants félons commandés par Pélage. Le débarquement des troupes esclavagistes donne lieu à de très violents combats à Basse-Terre et dans les environs.

Delgrès est à l’origine d’une célèbre proclamation anti-esclavagiste, rédigée avec un créole de la Martinique placé sous ses ordres, l’adjudant général Monnereau et affichée le 10 mai 1802 : "A l'Univers entier, le dernier cri de l'innocence et du désespoir"

 

Réfugié avec Joseph Ignace, au fort de Basse-Terre (aujourd’hui Fort Delgrès), il est cerné par les troupes de Richepanse, qu’il nargue en jouant du violon sur les remparts. Delgrès, refusant de transformer le conflit en guerre de couleurs et protégeant la population de Basse-Terre, réussit le 22 mai 1802 une sortie avec Ignace qui, encerclé à Baimbridge, se suicide. Le 28 mai 1802, cerné à l’habitation d’Anglemont, près de Matouba, et refusant de se rendre, Louis Delgrès se fait sauter avec 300 de ses compagnons, en vertu de la devise révolutionnaire "Vivre libre ou mourir". Les survivants, dont l’épouse de Delgrès, Rose, dite Toto, qui n’avait pu suivre son mari, s’étant cassé la jambe, sont massacrés au cours d’une effroyable répression. L’adjudant général Monnereau invité, du fait qu’il n’était pas un Afro-descendant, à renier le texte rédigé avec Delgrès, refusera et sera pendu.
Malgré la résistance sporadique de quelques "coureurs des bois", l’esclavage fut rétabli à la Guadeloupe pendant 46 ans, jusqu’à son abolition définitive en 1848.


Louis Delgrès En 2002, le sacrifice de Matouba a été commémoré par la création d’un timbre à l'effigie de Louis Delgrès, et par la mise en place d’une stèle au Fort de Basse-Terre qui porte dorénavant le nom de Fort Delgrès. Nous pouvons actuellement lire sa proclamation au Champ d’Arbaud à Basse-Terre. Par ailleurs, des rues et des établissements d'enseignement ont été nommés en mémoire de Louis Delgrès depuis 2002. Une inscription a également été placée dans la crypte du Panthéon à Paris, à la mémoire de Louis Delgrès : "Héros de la lutte contre le rétablissement de l'esclavage à la Guadeloupe, mort sans capituler avec trois cents combattants au Matouba en 1802. Pour que vive la liberté".

 

Esnambuc, Pierre Belain de

29/03/2016 23:10

Pierre Belain d'Esnambuc (1585-1636) : Navigateur, flibustier et colonisateur normand.

Capitaine d'un brigantin avec un équipage de 40 hommes, il pratique la flibuste. En 1623, une course contre un galion espagnol se retourne contre le flibustier qui trouve refuge sur l'île de Saint-Christophe où 400 colons britanniques étaient arrivés la veille. Anglais et français, affaiblis par leurs voyages respectifs, trouvent un accord et se partagent cette petite île qui n'était occupée que par des amérindiens pacifiques. En 1625, d’Esnambuc développe si bien cette île qu’il reçoit de Richelieu le privilège de coloniser celles qui ne seraient pas occupées par les chrétiens avec la Compagnie des îles de Saint-Christophe, qu’il fonde en 1625, et qui devient en 1635 la Compagnie des Îles d'Amérique. Il occupe de 1625 à 1635 la Martinique (qu'il confie à son neveu Jacques Dyel du Parquet qui fonde Saint-Pierre et Fort-Royal), la Tortue, la Guadeloupe, Saint-Christophe et Marie-Galante.

Outre son propre intérêt, c'est celui de la France qu'il a défendu face aux possessions anglaises de Nevis, Montserrat, Antigna et la Barbade. Et lorsque, épuisé par tant de luttes, il demande à Richelieu la permission de rentrer mourir en terre normande, le cardinal la lui refuse. On a trop besoin de lui outre-mer. Il meurt donc à Saint-Christophe, en 1636.

"Le roi perd l'un des plus fidèles serviteurs de son Etat."

 

François 1er

29/03/2016 23:02

François 1er (1494-1547), roi de France de 1515 à 1547. De très grande taille, brave au combat, brillant causeur, grand amateur d'art, François Ier fut à la fois le dernier roi-chevalier et le premier roi moderne.

D'abord comte d'Angoulême en 1496, puis duc de Valois, d'Orléans et de Romorantin en 1498, il est nommé roi de France en 1515 à la mort de Louis XII. C'est également en 1515 qu'il conquiert le duché de Milan, suite à la bataille de Marignan.

De 1514 à 1524, il est marié à Claude de France, fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, qui lui apporte le duché de Bretagne et avec laquelle il a sept enfants. Puis cinq ans plus tard, celle-ci étant morte en couches, il épouse Éléonore d'Autriche, la sœur de son grand rival Charles Quint.

En créant une Cour somptueuse, il attire auprès de lui les nobles qu'il transforme en domestiques de luxe. Par le Concordat de 1516 signé avec le Pape Léon X, il contrôle les nominations des évêques catholiques.Par l'Ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539, il organise l'état-civil et fait de la langue française la langue officielle du royaume. François Ier protégea les artistes. Il fait venir d'Italie Léonard de Vinci, Benvenuto Cellini, le Primatice. Il fait construire de nombreux palais (Fontainebleau, Saint Germain en Laye, Chambord). En 1530, François Ier fonde le Collège de France chargé de réunir les érudits de son époque. En 1537, il crée le dépôt légal pour les livres. Un double de tout livre imprimé ou entré en France devra désormais être déposé à la bibliothèque de France.

Une grande partie du règne est consacrée à la lutte contre les Habsbourg : En 1519, il échoue dans sa candidature pour être élu empereur germanique, car les princes électeurs allemands, largement achetés lui préféreront Charles Ier de Habsbourg, roi d'Espagne, qui deviendra l'empereur Charles Quint. Les territoires des Habsbourg entourent la France. Pour tenter de desserrer l'étreinte, François Ier tente de s'allier avec le roi d'Angleterre Henri VIII, mais c'est un échec. Par la suite, il s'allie aux princes protestants allemands en guerre contre l'empereur (1531) et même avec les Turcs musulmans (1536) qui sont en train de conquérir l'Europe orientale. Après maints conflits, en 1529, il signe avec l'empereur le traité de Cambrai où chacun des deux adversaires renonce, l'un à la Bourgogne, l'autre au Milanais. 

François 1er

Airmoiries de François 1er

François 1er et la Guadeloupe Notons les fleurs de lys, propres au royame de France, que l'on retrouve sur le drapeau traditionnel de la Guadeloupe.

 

Hugues, Jean-Baptiste Victor

29/03/2016 22:58

Jean-Baptiste Victor Hugues (1726, Marseille - 1826, Cayenne) : Révolutionnaire français, il gouverna la Guadeloupe de 1794 à 1798, puis la Guyane de 1799 à 1809. En tant qu'administrateur français dans les colonies, il participe à l'application de l'abolition de l'esclavage à la Guadeloupe, puis à son rétablissement en Guyane.

Issu de la riche bourgeoisie marseillaise, il s'engage comme mousse à 14 ans. Marié à sa cousine germaine, qui possédait des intérêts dans le négoce à Saint-Domingue, il mène une vie de planteur jusqu'à la Révolution haïtienne, puis devient franc-maçon, imprime un journal aux accents révolutionnaires dès les débuts de la Révolution, puis rentre en métropole en 1791, et monte à Paris, où il s'intègre par l'intermédiaire des loges maçonniques aux milieux jacobins de la capitale.

Il est désigné par la suite Commissaire de la République à la Guadeloupe par la Convention nationale en 1794. Sa tâche n’est pas mince : Victor Hugues est officiellement chargé d’appliquer le décret du 4 février 1794 (qui prononce l'abolition de l'esclavage dans tous les territoires français), mais avant cela, il doit reprendre la Guadeloupe aux Anglais... Ce qu'il parvient à faire avec l'aide des troupes des généraux Cartier et Aubert. Le 11 décembre, les Britanniques ont complètement quitté la Guadeloupe, qui repasse aux mains de la France et de la Révolution. Victor Hugues y abolit l'esclavage le jour même.

Quelques mois d'une paix relative règnent, acquise au prix de l'application de la Terreur et du travail forcé des anciens esclaves, période au cours de laquelle les royalistes sont pourchassés, des centaines de blancs créoles guillotinés et leurs habitations réquisitionnées. Par la suite, Victor Hugues met la Guadeloupe en état de siège le 6 janvier 1798, car l'ordre public n'y est plus assuré. Il sera finalement remplacé.

Sous le Consulat, Victor Hugues est nommé en 1799 Gouverneur de la Guyane. Usant des mêmes techniques qu'à la Guadeloupe, il remet en marche les industries locales et tient les planteurs sous sa coupe. Il établit le travail forcé. L’arrêté du 7 décembre 1802 rétablit de fait l’esclavage à la Guyane sous le nom de « conscription de quartier » pour les personnes non encore affranchies. Victor Hugues est chargé de l’application. Le 18 janvier 1804, il monte une expédition pour rétablir la liaison de la Guyane avec le comptoir de traite des esclaves de Gorée.

En 1809, n'ayant pu contenir l'invasion de la Guyane par les Portugais venus du Brésil, il quitte précipitamment Cayenne et rentre à Bordeaux. Accusé de trahison et d'incapacité, il est assigné à résidence jusqu'en 1814 et, finalement, acquitté. Reparti pour Cayenne, il s'y établit comme planteur et y meurt le 12 août 1826.

 

Ignace, Joseph

29/03/2016 22:56

Joseph Ignace (1769 ou 1772 - 25 mai 1802) : Né en Guadeloupe, il est un officier des troupes républicaines opposé au rétablissement de l'esclavage par Napoléon Bonaparte.
D'abord charpentier, il participe au soulèvement de Pointe-à-Pitre en 1792. Engagé dans l'armée républicaine, il gravit les échelons : capitaine en 1801, puis en 1802 chef de bataillon et commandant du fort de la Victoire situé à Pointe-à-Pitre.
Il apparaît dans tous les combats pour l'autonomie de la Guadeloupe, du renvoi des représentants de l'autorité française (1799) à la résistance contre le rétablissement de l'esclavage.
Le 6 mai 1802, le général Richepanse et ses 3.740 soldats débarquent à Pointe-à-Pitre. Richepanse décide immédiatement de remplacer les troupes noires dans les places fortes par ses propres hommes. Le capitaine Rougier occupe alors le fort de la Victoire. Joseph Ignace, qui devait tuer ce capitaine ultérieurement, rejoint la résistance avec ses hommes.
Lors de la défense du fort de Baimbridge contre les troupes commandées par Richepanse, il se suicide respectant le serment qu'il avait fait de "Vivre libre ou mourir".

 

l'Olive, Charles Liénard de

29/03/2016 22:13

Charles Liénard de l'Olive est né vers 1601 à Chinon. En 1634, tandis qu'il était un colon de l'île de Saint-Christophe, il se rendit à Paris afin de persuader la Compagnie des îles d'Amérique de lui permettre de coloniser la Guadeloupe. Le 14 février 1635, la Compagnie lui accorda ainsi qu'au sieur Jean du Plessis d'Ossonville le droit de « commander ensemble dans l'île qu'ils habiteraient ».

Ils quittèrent le port de Dieppe le 25 mai 1635 et débarquèrent en Guadeloupe le 28 juin 1635, du côté de l'actuelle Sainte-Rose (Pointe-Allègre). Après quelques discordes entre les deux chefs, la colonie se scinda et d'Ossonville et ses hommes partirent s'installer dans le sud de la Basse-Terre. En ce sens, d'Ossonville fut l'un des premiers gouverneurs de la Guadeloupe (jusqu'en 1640). Les Amérindiens qui vivaient alors dans l'île ne se montraient pas hostiles, voire même aidant, mais, malgré l'avis de du Plessis, de l'Olive décida de leur déclarer la guerre pour leur prendre vivres et femmes. Des massacres s'en suivirent et ce fut la fin de la quiétude amérindienne sur l'Île aux Belles Eaux.

À Paris dans le 18e arrondissement, quartier de la Chapelle, une rue l'Olive honorait depuis 1875 le colonisateur de la Guadeloupe, Charles Liénard de l'Olive. En 2011, le Conseil de Paris retient un nouveau nom avec la rue de l'Olive, ne faisant plus référence qu'au fruit... Et l'on ne peut que s'en féliciter. 

Le Clos de l'Olive, vin de Chinon, porte son nom.

 

Lacour, Aguste

29/03/2016 22:53

Auguste Lacour, histoire de la guadeloupe, cercle auguste lacour, lacour

Auguste Lacour (1805, à Basse-Terre – 1869, à Basse-Terre) fit ses études de droit à Paris et revint aux Antilles en 1830 où il exerça en tant que magistrat et fut conseiller à la Cour de Guadeloupe sous le Second Empire. Il est surtout l’auteur d’une Histoire de la Guadeloupe - de sa découverte par Colomb jusqu’en 1830 - qui faisait défaut jusqu’alors, et qui fait référence encore de nos jours.

 

 

 

 

 

Lacrosse, Jean-Baptiste Raymond de

29/03/2016 22:49

Jean-Baptiste Raymond de Lacrosse (1760 - 1829) : Né et décédé à Meihan-sur-Garonne (France), il débute sa carrière en 1779 comme garde-marine...

De janvier à mars 1793, il devient gouverneur provisoire de la Guadeloupe.
En 1801, il est nommé capitaine général de la Guadeloupe par Napoléon Bonaparte. Le 1er novembre 1801, il est capturé pendant une reconnaissance qu'il faisait en dehors de la ville de Pointe-à-Pitre. L'officier mulâtre Magloire Pélage le force à s'embarquer sur un bâtiment danois. Son aide de camp Louis Delgrès rejoint les rebelles.
Le contre-amiral Lacrosse se fait conduire à la Dominique, y attend l'expédition commandée par le général Richepanse - chargé par le premier consul Napoléon Bonaparte de rétablir l'esclavage et rentre avec elle à la Guadeloupe. À la mort du général, il reprend le commandement en chef et parvient, non sans dureté, à soumettre les révoltés et à rétablir l'ordre. Il s'embarque pour revenir en France sur la frégate la Didon et n’exercera plus de fonctions en Guadeloupe.

 

Martial, Jacques

29/03/2016 21:59

Jacques Martial, président du mémorial acte, bain-marieJacques Martial est né en 1955, dans le Val-de-Marne, de parents guadeloupéens. Il exerce et enseigne le métiers d'acteur jusque dans les années 2000. Son talent, reconnu et plusieurs fois récompensé, s'exprime dans dans un large répertoire classique et moderne, au théâtre, à la télévision comme au cinéma. Il est connu du grand public comme étant "Bain-Marie" dans la série policière Navarro. Il est également metteur en scène et prête régulièrement sa voix à des acteurs étrangers tels que Wesley Snipes ou Denzel Washington.

Sensible aux cultures ultra-marines et africaines, il les promeut en participant à des spectacles et en organisant des manifestations culturelles les mettant à l'honneur ainsi que leurs auteurs et artistes. En 2000, il crée d'ailleurs la Compagnie de la Comédie Noire.

En 2006, il est nommé par Jacques Chirac président de l'Établissement public du parc et de la grande halle de la Villette. S'ouvre alors une nouvelle carrière de gestionnaire pour Jacques Martial... Maintenu dans ses fonctions par Nicolas Sarkosy, il quitte finalement ce poste pour prendre la (première) présidence du Mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre, le 15 juin 2015.

 

Massoteau

29/03/2016 21:56

Massoteau : Né en Guadeloupe, métis sang-mêlé (blanc/amérindien/noir), juridiquement il est libre de couleur à la peau très claire.

Le 17 novembre 1794, l'expédition des commissaires de la Convention nationale Goyraud et Lebas quitte Brest. A son bord il est Capitaine du 2ème bataillon des Antilles avec Louis Delgrès et Magloire Pélage. En septembre 1798, il est capitaine d'une compagnie du 1er bataillon, détachée à Trois-Rivières. En 1799 il est aide de camp de Jeannet, puis de Lacrosse en 1801, il dirige également une compagnie du 2ème bataillon. Il ne participe pas à la journée de révolte du 21 octobre 1801 contre Lacrosse qui pourtant le qualifiera de "néo-jacobin" (anarchiste).

Le 7 janvier 1802, Pélage lui attribue le commandement du fort Saint-Charles. Il prend le commandement de la place de Basse-Terre après Delgrès. En mars, par ordre de Pélage, se méfiant de son comportement trop autonome à Basse-Terre, il est relevé de ses fonctions par le Capitaine Gédéon. Il retrouve à Pointe-à-Pitre le commandement d'une compagnie du 2ème bataillon.

Ne voulant se soumettre au général Richepanse, il fuit avec 200 hommes dont Joseph Ignace la nuit du 7 mai en bateau par Petit-Canal afin de rallier Basse-Terre mais disparaît en mer, noyé. Cependant, une lettre de Lacrosse au gouverneur de Saint-Thomas (Îles Vierges américaines) datée du 21 octobre 1802, demandera l'arrestation de Massoteau pensant que ce dernier se serait réfugié dans cette colonie danoise...

 

Mulâtresse Solitude

29/03/2016 21:51

La Mulâtresse Solitude (vers 1772 - 1802) est une figure historique de la résistance des esclaves noirs à la Guadeloupe et fait partie des femmes dite une "fanm doubout".

Née vers 1772, Solitude est la fille d’une esclave africaine, violée par un marin sur le bateau qui la déportait aux Antilles. Elle connaît l'abolition de l'esclavage en 1794 et rejoint une communauté marronne de Guadeloupe. Malgré sa couleur, elle réussit à s'intégrer à cette communauté qui est située à Goyave et dirigée par le Moudongue Sanga. Lorsqu'en 1802 Napoléon Bonaparte rétablit l'esclavage à la Guadeloupe, Solitude se rallie à l'appel de Louis Delgrès et combat à ses côtés pour la liberté. Survivante de la bataille du 8 mai 1802, enceinte, elle n'est exécutée par pendaison que le 29 novembre de la même année, le lendemain de son accouchement.

  • - En 1999, une statue de Jacky Poulier est dressée à sa mémoire au carrefour de Lacroix, sur le boulevard des Héros aux Abymes, quartier de Baimbridge, à la Guadeloupe.
  • - En 2014, à l'initiative de la sénatrice Hélène Lipietz, une statue de la mulâtresse Solitude est installée au Sénat en compagnie de deux autres femmes pré-révolutionnaires (Christine de Pisan et Olympe de Gouge), alors qu'aucune statue de femme n'était érigée jusque là dans l’hémicycle. La mulâtresse Solitude se retrouve placée au-dessus du siège de Victor Schoelcher, qui fit voter l’abolition définitive de l’esclavage le 27 avril 1848.
 

Ossonville, Jean du Plessis de

29/03/2016 21:50

Jean du Plessis d'Ossonville (?-1635) est un gentilhomme normand, loyal et fidèle lieutenant de Pierre Belain d'Esnambuc. Il s'est brillamment illustré pendant la conquête de l'île Saint-Christophe alors capitale des toutes nouvelles Antilles françaises. Mandaté par la Compagnie des Îles d'Amérique pour coloniser une île non encore "exploitée" des Antilles, il sera très peu de temps Gouverneur adjoint de la Guadeloupe avec Charles Liénard de l'Olive, la mort le prenant 5 mois après y avoir débarqué.

 

Pélage, Magloire

29/03/2016 21:47

Magloire Pélage (1766, Martinique - 1810, Espagne) : Probablement esclave dans sa jeunesse, à l'âge de 27 ans, il entre dans la milice des gens de couleur. Enrôlé comme fusilier dans le 1er bataillon de chasseurs de la Martinique, il est nommé sergent quelques mois plus tard (en avril 1793). Après une bataille contre les royalistes, le général Rochambeau l'élève au rang de lieutenant en décembre 1793. S'en suit, par ses faits d'arme, une belle ascension : capitaine du bataillon des Antilles en 1794, chef de brigade en 1799, puis aide de camp.

En 1801, bien qu'officier de couleur au grade le plus élevé, il se fait ravir le commandement de la garnison de Pointe-à-Pitre par Lacrosse. Finalement ce dernier est arrêté et expulsé de l'île. Après ces évènements, Magloire Pélage commande l'arrondissement de Point-à-Pitre. Officier de couleur le plus gradé, et jouissant d'une grande popularité, il est nommé à la tête du Conseil provisoire du gouvernement qui dirige l'île jusqu'à l'arrivée du général français Richepanse. Il s'évertuera de maintenir l'ordre et à prouver son loyalisme. En octobre 1801, il se marie avec Anne Charlotte Mantel.
Présenté comme un rebelle par la propagande de Lacrosse, et en dépit des humiliations qu'il subit, Pélage apporte une aide au général pour lutter contre Louis Delgrès et Joseph Ignace. Il entraîne près de 600 hommes de l'armée coloniale. Après la victoire de Richepanse, il est envoyé en France en juillet 1802 avec toute sa famille. Mais soupçonné par le pouvoir central, il est arrêté et libéré en novembre 1803.
Après de multiples demandes de réintégrations dans l'armée, le premier consul le réintègre et Pélage retrouve son grade de chef de la brigade en 1808. On l'envoie rejoindre l'armée française en Espagne en octobre de la même année. Il meut le 7 avril 1810, en Espagne à Estalla (Navarre) dans les rangs de l'armée française d'occupation.

Magloire Pélage Magloire Pélage est considéré par beaucoup comme un "traitre", ayant combattu ses "frères" (Delgrès et Ignace) et ayant contribué, en bon soldat, au rétablissement de l'esclavage.

 

Richepanse, Antoine

29/03/2016 21:40

Antoine Richepance, Antoine Richepanse, richepanse, richepance, richepanse guadeloupe, richepance guadeloupe, Vue arrière (au centre) de la tombe d'Antoine Richepanse au cimetière du fort Delgrès (!), à Basse-Terre, en Guadeloupe. La plaque avant a été vandlisée (elle a disparu), l'homme n'étant guère apprécié des Guadeloupéens. Sa famille a dernièrement souhaité récupérer ses restes mais le responsable du fort s'y est opposé, Richepanse faisant malgré tout partie intégrante de l'Histoire de l'île.

Antoine Richepanse (1770 - 1802) : Général français, actif sous le Directoire et le Consulat.

Fils d’un officier du Régiment, il suit les traces de son père et s’engage dans les Chasseurs d’Alsace en 1785, alors qu’il est à peine âgé de 15 ans. Hardi, le jeune maréchal des logis se distingue dès les premières campagnes de la Révolution française. Richepanse passe rapidement les premiers grades. Promu sous-lieutenant en 1791, il est nommé lieutenant en 1792, chef d’escadron en 1794, général de brigade en 1796 et général de division en 1799. Les nombreuses batailles qu'il gagne en Europe le mènent au faîte de son ascension vers 1800.

En 1802, le général Richepanse est nommé commandant en chef de l'armée expéditionnaire de la Guadeloupe. Parti de Brest, il arrive dans l'île sous le feu des canons insurgés. Les noirs, dirigés par Louis Delgrès, refusent en effet le rétablissement de l'esclavage et leurs licenciements de l'armée. Les rebelles se retirent dans des retranchements, flanqués de redoutes et garnis d'artillerie. Le fort Saint-Charles est cerné, et les derniers insurgés du fort Baimbridge, sont finalement massacrés. Le général Richepanse pacifie donc rapidement l’île entière. Alors qu'il remettait l'administration de l'île sur pied, Antoine Richepanse est atteint de la fièvre jaune.

Considéré pendant deux siècles comme un héros de la République - son fils est anobli à l'âge de onze ans par Napoléon Ier en reconnaissance des services de son défunt père - Richepanse fut victime d'une polémique au début du 21ème siècle à cause du rôle qu'il joua dans la répression de la rebellion antillaise et la ville de Paris débaptisa la rue qui portait son nom en décembre 2001, imitée un peu plus tard par la ville de Metz.

 

Saint-Eloi, Patrick

29/03/2016 21:33

Saint-Eloi, Saint-éloi, patrick Saint-Eloi, Venus one, kassav, crooner guadeloupéenPatrick Saint-Eloi, (1958, Pointe-à-Pitre - 2010 le Moule) : Il quitte la Guadeloupe à 17 ans pour se rendre à Paris, afin de tenter sa chance dans la musique (il touche un peu à tout) et la chanson. Des cours de chant lui permettront d'atteindre une maîtrise vocale certaine et une rencontre avec le bassiste Georges Décimus sera capitale pour son avenir. Il intègre le groupe Venus One dont il devient le chanteur attitré. En 1982, il rejoint une formation qui deviendra plus tard le fameux groupe Kassav'. Il l'intègre tout d'abord en qualité de choriste. S'ensuivra une série de concerts marqués par le succès de ce groupe. Cela n'empêchera pas Patrick Saint-Éloi de réaliser ses propres créations en solo, et d'être plébiscité au point de devenir une star à part entière. Il est le crooner guadeloupéen voire antillais le plus connu, le zouk lover par excellence (chanteur de zouk love).

L'année 1999 sera celle de sa consécration, se produisant dans la salle de l'Olympia, à guichets fermés. Patrick Saint-Éloi jouera un rôle d'ambassadeur de la culture guadeloupéenne, demeurant ainsi attaché à ses racines et ses origines. En 2002, il quitte le groupe Kassav' et retourne en Guadeloupe. En mai 2007 pour ses 25 ans de carrière il se produit au Zénith de Paris. Le 13 août 2008, un concert-hommage sur le site de Damencourt dans la commune du Moule est organisé par la région Guadeloupe avec un public estimé à près de 40 000 personnes. Il meurt le 18 septembre 2010 vers 4h du matin des suites d'un cancer, au domicile de sa sœur. Il est enterré au cimetière du Moule le 22 septembre, au lendemain d'une veillée publique.

 

Très imprégné du zouk qu'il a défendu avec Kassav', il avoue et revendique ses influences qui vont de la musique traditionnelle de chez lui (gwoka) aux grandes figures du Brésil (Djavan ou Gilberto Gil notamment). Patrick Saint-Éloi est le pionnier du Zouk Love et l'un des piliers du Zouk dans la Caraïbe. Il est l'auteur et l'interprète du titre West Indies, le premier tube de Zouk Love sorti en 1985 sur son 1er album solo Mizik Sé Lanmou ("la musique c'est de l'amour"). C'est probablement LA star n°1 en Guadeloupe. Cf. Musique

 

Schoelcher, Victor

29/03/2016 21:31

Victor Schoelcher (1804, Paris - 1893, Houilles) : Il grandit dans une famille aisée et fait de courtes études au lycée Condorcet, côtoyant les milieux littéraires et artistiques parisiens. Son père, un industriel de la porcelaine, l'envoie en Amérique latine pour représenter l'entreprise familialle et y faire du commerce entre 1828 et 1830. C'est là qu'il découvre l'esclavage et cela le révolte. De retour en France, il devient journaliste et adhère à la Société pour la libération de l'esclavage. Dès lors, il lutte pour faire abolir l'esclavage en écrivant des articles dans des journaux et même un livre. Dans le gouvernement provisoire de 1848, il est nommé sous-secrétaire d'État à la marine et aux colonies et il contribue à faire signer, par les membres du gouvernement, un décret pour l'abolition de l'esclavage dans les colonies le 27 avril 1848. Depuis cette date, l'esclavage est interdit partout en France. Victor Schoelcher est reste un homme très respecté dans les ex-colonies françaises ainsi que dans toute la France.

 

Ursull, Joëlle

29/03/2016 21:24

Joëlle Ursull, joëlle ursull biographie, joëlle ursull hollande, joëlle ursjoëlle ursull, miss morne à l'eau, miss guadeloupe, zouk machine, expérience 7, white and black bluesJoëlle Ursull est née le 9 novembre 1960 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe). Elle est élue Miss Morne-à-l'eau, où elle a grandi, avant de devenir Miss Guadeloupe en 1979. Elle joue ensuite dans un sitcom produit par RFO, puis entame une carrière de mannequin.

Mais sa célébrité naît du trio musical féminin Zouk Machine dont elle est un membre fondateur (après des débuts en tant que choristes, au sein du groupe Expérience 7). Zouk Machine connaît un franc succès en Guadeloupe et en France : en 1986, le titre Maldon reste n°1 du Top 50 pendant 2 mois avec plus d'un million d'exemplaires vendus.

Forte de ce succès, en 1988, elle quitte le groupe et démarre une carrière solo avec un premier album intitulé Miyel. Ses influences musicales sont celles de la Caraïbe : du zouk à la biguine, en passant par le reggae, le ragga, le quadrille, la salsa, le merengue, etc. et elle côtoie les "grands" du milieu : Jocelyne Béroard (du groupe Kassav, Frédéric Caracas ou Pascal Vallot).

En 1990, elle est choisie pour représenter la France à l'Eurovision (et finit deuxième ex-æquo) avec White and Black Blues (paroles : Serge Gainsbourg – musique : Georges Augier de Moussac). C'est la première fois que la France est représentée par une personne de couleur. C'est également l'année de son second album solo Black French.

En 1992, elle enregistre Serre-moi, en duo avec le chanteur Kova Réa. Son troisième album Comme dans un film, à sonorités blues, sort en 1993 (elle y rend hommage à sa communauté en général et, en particulier, à Marie-Josée Pérec).

Après quoi elle se consacre à l'éducation de ses deux filles, mettant pour un temps, sa carrière entre parenthèses. Elle participe néanmoins à des duos avec le comique guadeloupéen Pat, les chanteurs Djamatik ou Ménélik. En 2003, tandis qu'elle a repris le chemin des concerts et des tournées, elle sort un single intitulé Babydoo. Elle devient coach d'un concours guadeloupéen intitulé "Les talents de JO".  En 2011, elle écrit (avec Sébastien Nobin) on Kado Pou’w diffusé sur la toile. Et en 2014, elle sort un single avec Olivier Jean-Alphonse : Kaladja Love.

Mais en 2015, ce sont ses prises de positions politiques qui font à nouveau parler d'elle :

- Elle est l'auteur d'une lettre ouverte à François Hollande. Elle lui reproche d'avoir déclaré, à l'occasion du 70ème anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Auschwitz, que "la Shoa (était) le plus grand crime, le plus grand génocide, jamais commis", hiérarchisant ainsi les crimes contre l'humanité et lui rappelant le sort de millions d'Africains déportés pendant des siècles pour être réduits à l'esclavage. Elle l'enjoint également à prendre connaissance du manifeste du "Collectif des Nègres Insoumis" afin qu'il se rappelle "certaines réalités de l’Histoire". Ceci se produisant juste avant l'inauguration par le Président de la République du Mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre.

- Elle s'affiche également aux côtés d'Elie Domota, le 29 mars, lors de la mise à sac de la Stèle de Nogent (commémorant l'arrivée des premiers colons français en Guadeloupe).

 

Vincent, Francky

29/03/2016 21:09

Francky Vincent, Franck Joseph Vincent, Franck Vincent, Tabou n°2, Docteur Porno, Zoukeur x, Francky malélivéFrancky Vincent est né le 18/04/1956, à Pointe-à-Pitre, de son vrai nom Franck Joseph Vincent. Issu des quartiers populaires, il se détourne rapidement des études pour intégrer un petit groupe de banlieue appelé Tabou N°2 avec lequel il sillonne la Guadeloupe. Puis, abandonnant le groupe, il écrit et compose des chansons grivoises, voire choquantes. Son premier album solo, vendu sous le manteau, s'écoule à 50 000 exemplaires. Dès les années 1980, il est connu de toute la communauté antillaise, vivant à Paris ou dans les Caraïbes, sous les surnoms de "Docteur Porno", "le Zoukeur X" ou encore "Francky Malélivé". Malgré une interdiction d'antenne (qui est finalement pour lui une très bonne publicité), il perdure et plaît aux touristes.

En 1990, il monte Francky Vincent productions, se met à chanter davantage en français afin de se développer au niveau national. Ainsi, l'année suivante, son album "Alice ça glisse" fait un carton aux Antilles et se vend à plus de 70 000 exemplaires. Il se produit alors pour la première fois sur la scène de l'Olympia parisien. En 1994, il sort la fameuse compilation "Fruit de la passion" qui est un énorme succès. Le disque se classe 17e au Top albums, reste classé 29 semaines et se vend à plus de 500 000 exemplaires. Francky connait alors non seulement un succès national, mais également international, la célèbre chanson est à la tête des hits en Amérique du Sud. Le succès continue jusqu'à la fin des années 90.

Les années 2000 représentent une traversée du désert, pendant laquelle il connaît quelques problèmes dans ses affaires et sa vie privée.

En mars 2009, Francky Vincent sort un single, "Tu veux mon zizi", qui fait une entrée fulgurante dans les charts. Au mois de juillet 2009, il sort une double compilation "Mon fest'of" qui est disque d'or en avril 2010. "Moi j'aime scier", une reprise du titre des Village People YMCA, se classe en 19e position des meilleures ventes de singles en France. Le 8 octobre 2011, il participe à la Grande Nuit de l'Outre-Mer au Palais omnisports de Paris-Bercy et interprète ses trois titres-phares devant 16 000 personnes : "Fruit de la passion", "Alice ça glisse" et "Le tourment d'amour".

Francky Vincent fait s'offusquer les bien-pensants, certains le voient comme le croisement de Patrick Sébastien et de la Compagnie Créole, excellant dans le zouk grivois et jonglant avec les clichés de la sexualité antillaise. Cf. Musique 

 

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