La faune guadeloupéenne

Agouti

27/03/2016 09:30

agouti, gouti, dasyprocta leporinaL'agouti doré (Dasyprocta leporina) ou Gouti, en créole, est une espèce de rongeur qui vit principalement au Brésil, au Vénézuela, au Guyana et en Guyane française. Il fut introduit aux Antilles par les Amérindiens.

On le trouve dans les forêts tropicales, mais également dans les savanes et les champs cultivés. Il se nourrit de fruits tombés à terre, de racines ou de feuilles. L’agouti est un animal habituellement diurne qui peut devenir nocturne s’il se sent menacé par l’Homme. Car ce rongeur a une chair appréciée, ce qui lui vaut d'être une espèce menacée, en raison du braconnage étant maintenant protégé. L'agouti doré pèse entre 3 et 6 kg et mesure entre 48 et 64 cm de long. Cette espèce peut vivre une vingtaine d'années.

Selon un voisin chasseur, il ne reste plus beaucoup d'agoutis en Guadeloupe.

 

Anolis

27/03/2016 10:11

L'anolis mormoratus, ou anolis marbré, est un petit lézard vert endémique des Antilles (mais introduit en Guyane) nommé ainsi par les seuls scientifiques et que les antillais appellent en créole le "zandoli". 

Il est présent dans tous nos jardins car arboricole et se nourrit essentiellement d'insectes. la couleur de peau peut changer en fonction du milieu où il vit. Les mâles possèdent sous le cou une extension de peau généralement rouge (le fanon), qu'ils gonflent pour impressionner les autres mâles ou pour séduire les femelles dans de voluptueuses parades amoureuses. Ils sont nettement plus gros et plus colorés que les femelles.

Très populaire en Guadeloupe, "Zandoli" est présent dans de nombreux proverbes, comptines et contes créoles. Il fait partie du quotidien, curieux mais pas téméraire, c'est un compagnon de terrasse qui rentre parfois dans la maison. Il est très utile puisqu'il se nourrit d'insectes.

 Il existe de nombreuses sous espèces d’anolis de Guadeloupe avec une répartition géographique particulière : 

  • Anolis marmoratus alliaceus (anolis de Basse-Terre) ; 
  • Anolis marmoratus caryae (anolis de Terre-de-Bas) ; 
  • Anolis marmoratus chrysops (anolis des îles des Saintes) ; 
  • Anolis marmoratus desiradei (anolis de La Désirade) ; 
  • Anolis marmoratus girafus (anolis de Basse-Terre) ; 
  • Anolis marmoratus inornatus (anolis de Grande-Terre).

Des recherches sont toujours en cours pour déterminer si certaines sous-espèces peuvent maintenant être considérées comme des espèces à part entière, tous les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux...

 

Bovin créole

27/03/2016 09:57

vache créole, bœuf créole, vache guadeloupe, vache antilles, bœuf antilles, bèf, befLe bovin créole. En Guadeloupe, les origines diverses des bovins et les conditions particulières d’élevage (milieu tropical, usages multifonctionnels : viande, traction, peau) ont permis le développement d’une population originale et en équilibre génétique, connue sous le nom de "bovin créole", devenue race bovine française. Elevée à la Guadeloupe, il en existe une variante à la Martinique avec des racines similaires qui n’est pas répertoriée officiellement.

Les animaux Créoles présentent des caractères d’adaptation au climat tropical marqués, tels que la résistance à la chaleur (il arrive en élevage qu'elles restent trois jours sans boire !) et au parasitisme (gale, mal kadik ou piroplasmose). Cette race valorise correctement les fourrages locaux pourtant peu digestes à cause de leur teneur élevée en fibres, la complémentation alimentaire n'est pas obligatoire...

1 - Histoire de la race : ses origines, son histoire

Il n'existait pas de livre généalogique de cette race mais l'on peut tout de même retracer son histoire :

  • 16ème siècle : Importation de bovins ibériques (de race Criollo) suite à la colonisation des Antilles par les Espagnols et les Portugais, car il n'existait pas de bovins endémiques des Antilles. Le premier usage devait être la fourniture de viande aux colons et autres pirates, cependant, la mise en valeur agricole de l’île a nécessité la traction animale. Moins chers que les chevaux et moins sensibles au climat, les bovins sont devenus bêtes de somme.
  • 17ème & 18ème siècles : Nombreuses importations de bovins plutôt rustiques en Guadeloupe, venant de différentes régions du monde : Afrique de l’Ouest via le commerce triangulaire (Ndama, zébus), France, Angleterre, continent américain (zébus indiens issus des colonies anglaises), Inde…
  • 19ème siècle : Homogénéisation de la population bovine Créole de Guadeloupe.
  • Années 1945 : Depuis la Seconde Guerre mondiale, la mécanisation a rendu son rôle purement boucher à cette race.
  • Années 1980 : Les bovins Créoles de Guadeloupe représentent 90% du cheptel des îles.
  • 1989 : Hugo, le plus violent ouragan que n’aient jamais connu les Antilles, met par terre le dernier élevage de vaches laitières de l’île qui importe désormais tout le lait qu’elle consomme.
  • 1995 : Agrément du programme de sélection.
  • 1998 : Création de l'Unité Nationale de Sélection et de Promotion de la Race (UPRA) Créole (association composée d'éleveurs, de coopératives d'insémination et d'entreprises intéressées par la race, qui en gère le livre généalogique et aide les éleveurs dans la sélection de cette race. Les UPRA ont été créés à la suite de la Loi sur l'Élevage de 1966).
  • Années 2000 : L’importance du croisement industriel entraîne une diminution du cheptel de race pure : on estime que plus de 50 % du cheptel guadeloupéen est issus de croisements récents.
  • 2005 : Environ 20 000 vaches créoles sont élevées en Guadeloupe.
  • 2007 : Naissance de Couraj, le premier veau né en Guadeloupe d’une insémination artificielle. Né le 7 janvier 2007, il appartient à l’éleveur de Sainte rose dans le nord Basse-Terre, Jacques Crozhilac. D'autres sont prévues dans l'année. Une réaction à la tendance d’abandonner la race créole au profit de races à viandes plus fortes et plus grandes. La race créole, se divise en 500 vaches certifiées, disséminées dans 40 exploitations agricoles environ, sur toute la Guadeloupe !
  • 2008 : Création de Sélection Créole (changement d’appellation en lien avec la réforme des Organismes de Sélection) et développement du nombre de têtes.

2 - Caractéristiques physiques de la Sélection Créole

Elle est de taille moyenne avec un squelette fin :

  • Hauteur au garrot vache : 120 cm
  • Hauteur au garrot taureau : 130 cm
  • Poids adulte vache : 400 kg
  • Poids adulte taureau : 600 kg

Elle présente une bosse musculo-adipeuse importante entre les épaules et la base du cou ainsi qu’un fanon (chez les bovins, on appelle ainsi le repli de peau qui pend sous le cou). Huit types de robes sont décrits : roux cuivré, roux pâle, roux fauve uni, roux et charbon brûlé, beige très clair, beige et charbon brûlé, brun très sombre, et même tacheté. Il existe des variantes à lunettes, raie de mulet ou ceinture. A vrai dire, la robe n’est pas un critère déterminant pour la race Créole Guadeloupe.

Les oreilles sont petites et horizontales, la tête fine avec un profil rectiligne, les cornes sont en lyre ou en coupe vers l’avant. La peau est noire et les muqueuses foncées. L’allure générale est marquée par le métissage de zébu par une bosse sur le garrot, un fanon et un prépuce développé.

La race bovine créole, à beaucoup de qualités avec des performances dans la reproduction, sa facilité à mettre bas, une fertilité et une longévité dans la reproduction, (jusqu’à l’âge de 10/12 ans). Cet état de fait, permet à une femelle de mettre bas 8 à 9 fois ! Une vache peut même perdre 30 % de son poids sans incidence sur sa fertilité !

3 - Aptitudes et développement génétique

Le bovin Créole appartient à l'espèce Vache (Bos taurus). Il tire de son implantation de longue date en Guadeloupe une très bonne adaptation à l’élevage extensif tropical : il s’acclimate aux contraintes thermiques, montre une résistance particulière aux tiques et aux maladies qu’elles transmettent, et peut supporter certaines périodes de sous-alimentation sans que ses performances n’en souffrent. Les vaches Créoles sont régulièrement utilisées en croisement avec des taureaux de races spécialisées en lait ou en viande : elles apportent alors leur rusticité et leurs qualités maternelles aux produits.

C’est une race aujourd’hui bouchère avec un passé d’animal de trait donc. La production de lait est faible et réservée au veau. La mécanisation lui a fait abandonner son rôle moteur.

Le programme d’amélioration génétique de la race est mené par Sélection Créole et vise à préserver les effectifs de la race, mis à mal ces dernières années par un croisement industriel peu maîtrisé, et à stabiliser la race. Parallèlement à la stabilisation de la race, le schéma vise à augmenter la vitesse de croissance et la conformation des animaux (développement musculaire), tout en conservant les qualités maternelles (fertilité, facilité de vêlage, performance d’allaitement) et l’adaptation de la race à son milieu d’élevage.

En parallèle à cette sélection, une introduction mesurée de "sang" européen a été faite (Charolaise, Limousine ou Blonde d'Aquitaine – pour les performances bouchères, et Holstein – pour les performances laitières).

4 - Elevage traditionnel et culturel

Sur une île d’origine volcanique, les vastes prairies sont rares. Les petits paysans et les familles rurales qui entretiennent un peu de bétail élèvent traditionnellement (héritage de l’époque où les terres n’appartenaient pas aux habitants), les animaux au piquet : attachés par une longe (corde ou chaîne), ils valorisent les talus et bords de chemins incultes, voire les ronds-points enherbés ! Il n'est pas rare que ceux-ci se détachent d'ailleurs, provoquant parfois des accidents de la circulation comme le relate cet article de B. Colombet, en 2014, dans France-Antilles :

Une vache a perdu la vie, dans la nuit de jeudi à vendredi, après avoir été percutée par trois voitures. Aucun automobiliste n’a été blessé. Dans la nuit de jeudi à vendredi, vers 2h30 du matin, sur la RN1, en direction du Lamentin, une vache divague sur la chaussée. Plusieurs automobilistes ont été surpris par l’animal sur cette portion de route, située non loin de Beausoleil, particulièrement mal éclairée. Le bovin s’est ainsi fait percuter à trois reprises et a trouvé la mort, en plein milieu de la route. Un des trois véhicules impliqué est désormais hors d’usage. Aucun blessé n’est à déplorer.

Ainsi élevé au piquet, l'animal est généralement abreuvé (au seau) une fois par jour.

La pratique de l’abattage des bovins, en dehors de l’abattoir, est formellement interdite et constitue un délit passible de 6 mois d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. En abattoir, les contrôles effectués par les services de l’État permettent de s’assurer de la bonne santé des animaux destinés à l’abattage. Par ailleurs, les bovins issus de la zone du "croissant bananier" (sud de la Basse-Terre de Vieux-Habitants à Petit-Bourg) font l’objet d’un dépistage systématique de la chlordécone afin de s’assurer que leur viande n’est pas contaminée et peut être consommée sans danger.

En héritage de son passé d'animal de trait, il perdure localement des courses de charrettes ou concours de "bœufs tirants" : une discipline créée dans les années 1970 pour sauvegarder la race bovine locale et qui attire aujourd’hui de plus en plus de pratiquants et de spectateurs ! 

 

 En prime, je ne résiste pas à l'idée de vous renvoyer à cette parodie créole de "Bella" de Maître Gims : "Bèf la" ("La vache" en créole)...

 

Chauve-souris

27/03/2016 11:13

Chauve-souris de Guadeloupe, Guimbo, Sérotine de Guadeloupe, chiroptèreLes chauves-souris (chôv souri en créole) sont les derniers mammifères volants (rappelons-le...), de l'ordre des chiroptères, qui ont cette particularité de détecter les obstacles par réverbération d'ultrasons. Sur environ 900 espèces connues dans le monde, pas moins de 13 sont représentées en Guadeloupe, ce qui en fait avec l'île de Grenade, la mieux lotie des petites Antilles, en matière de chiroptères. En créole, les 6 espèces frugivores et l'espèce piscivore sont nommées guimbos :

- Les chauves-souris frugivores (également appelées "rats volant") se nourrissent surtout de fruits (mangues, sapotilles, papayes...). Elles contribuent ainsi à la dissémination des graines d’arbres et de lianes de la forêt humide tel le bois canon, la siguine, le ficus et donc à leur régénération. En effet, elles en ingèrent les graines mais ne les digèrent pas, celles-ci se retrouvent donc éparpillées dans les excréments, "parsemées" dans un cercle de quelques centaines de mètres...

  1. Le Chiroderme de la Guadeloupe (Chiroderma improvisum) : 40-50 gr
  2. Le Sturnire de la Guadeloupe (Sturnira thomasi) : 25-35 gr
  3. L’Ardops des Petites Antilles (Ardops nichollsi) : 22-28 gr
  4. Le Brachyphylle des Antilles (Brachyphylla cavernarum) : 40-60 gr

- Les chauves-souris nectarivores (qui se nourrissent de nectar et de pollen) pollinisent les fleurs de nombreuses espèces locales comme le fromager (dont les fleurs ne s'ouvrent que la nuit !).

  1. Le Monophyllle des Petites Antilles  (Monophyllus plethodon) : 12-20 gr
  2. Le Fer de lance commun  (Artibeus jamaicensis) : 35-60 gr

- Les chauves-souris insectivores sont de loin les plus petites, mais elles régulent les populations d’insectes : certaines attrapent près de 600 moustiques par nuit et mangent 2 kilos d’insectes par an€ ! Et les pesticides organochlorés - qui ont été abondamment utilisés dans les Antilles françaises - menacent particulièrement la Sérotine de Guadeloupe qui mange des insectes pouvant être contaminés.

  1. la Sérotine de la Guadeloupe (Eptesicus guadeloupensis) - canopée : 20 gr - seul mammifère terrestre indigène de la Guadeloupe !
  2. Le Natalide paillé / Natalide isabelle (Natalus stramineus) - sous-bois : 4-6 gr
  3. Le Tadaride du Brésil (Tadarida brasiliensis) - plein ciel : 8-12 gr
  4. Le Molosse commun (Molossus molossus) - plein ciel : 12-18 gr
  5. Le Ptéronote de Davy (Pteronotus davyi) - milieux ouverts : 7-10 gr
  6. Le Myotis / Murin de la Dominique (Myotis dominicensis) - canopée  : 4-5 gr

- Une chauve-souris piscivore, qui mange des petits poissons et des insectes aquatiques, est la plus grande de toutes. Elle capture les poissons en vol à la surface de l’eau avec ses pieds aux griffes très puissantes et recourbées.

  1. Le Noctilion pêcheur (Noctilio leporinus) : 40-80 gr


En général, les chauves-souris ont un seul petit par an. Il naît tout nu avec de petites ailes. Il tète le lait maternel, accroché aux poils de sa mère grâce à ses griffes et des crochets aux dents. Certaines chauves-souris molosses vivent en colonies très resserrées : Pendant que les mâles vaquent à leurs occupations, les mamans élèvent les petits ensemble. On appelle ce système une "€pouponnière€". Et pendant que certaines femelles partent à la chasse, il arrive que d’autres donnent la tétée à un petit qui n’est pas le leur... bel exemple ! Les chauves-souris vivent en général entre huit et dix ans, mais les doyennes peuvent atteindre l’âge de vingt ans€ !
Les chauves-souris de Guadeloupe ne mordent pas. Les petits vampires, celles qui sucent le sang, vivent en Amérique Latine, en Guyane par exemple.

chauves-souris de guadeloupe Autrefois, les Guimbos étaient chassées pour leur chair. On en faisait des mets très appréciés pendant les réunions de famille ou entre amis. Les techniques de chasse étaient très violentes€ : les animaux étaient abattus à coups de pierre, par balle, par le feu ou avec des perches pointues en bois de campêche sur lesquelles les ailes des pauvres bêtes s’accrochaient. Cette chasse est aujourd’hui strictement interdite : TOUTES les espèces de chauves-souris sont protégées sur le territoire de la Guadeloupe. Il est donc interdit de les détruire, mutiler, capturer, enlever ou de les perturber intentionnellement.

 

Mais tout n'est pas idyllique dans la relation entre les humains et les petites doudous de Batman : en effet, elles ont la fâcheuse habitude de nicher dans les combles et sous les avant-toits en s’immisçant par des brèches, ce qui peut être source de quelques désagréments :

  • Elles peuvent transmettre des maladies telle que l’histoplasmose. Cette maladie s’attrape en respirant des poussières résultant de la décomposition des matières fécales des chauve-souris.
  • Même si elles attaquent rarement, les chauve-souris peuvent véhiculer la rage indirectement, au même titre que les mammifères car cette maladie virale se transmet d’un animal à un autre, et à l’homme, par des morsures ou par contact avec la salive ou des tissus du corps (c'est entre autres pour cela qu'il faut laver les fruits).

Donc, en cas d'intrusion, une méthode "douce" pour les chasser consiste à placer un filet anti-oiseau devant l'orifice qui leur donne accès aux combles : elles pourront sortir en rampant, mais ne sauront plus y rentrer. Après quelques jours, il suffira d’ôter le filet et de boucher toutes les voies d’accès.

 Chez les Taïnos, la chauve-souris était considérée comme l'ancêtre mythique de l'homme (et la grenouille, celui de la femme).

Chien créole

27/03/2016 11:10

chien et esclavage, chien et esclave, esclage, chien, esclaves et chien, esclavage et chien, chyenLes premiers chiens furent introduits aux Antilles par les Amérindiens.

De nos jours, de nombreux proverbes et expressions lui sont toujours hostiles dans les Antilles. Elles rappellent ainsi la crainte et le mépris qu’ils ont inspirés pendant l’esclavage. Ils étaient en effet régulièrement utilisés par les maîtres pour pister et "chasser" l’esclave qui s’était enfui (le nèg mawon). Allant même, en cas de récidive, à livrer l’infortuné vivant aux bêtes affamées. On comprend alors que la place du chyen dans les sociétés antillaise n'ait pas été celle du "meilleur ami de l'homme".

De nos jours, le chien comme animal de compagnie a trouvé sa place en Guadeloupe. Mais son image reste encore ternie, et la considération des hommes à l'égard des canidés est encore loin de faire l'unanimité.

 

Fourmi manioc

27/03/2016 11:04

fourmi, fourmi guadeloupe,  fourmi manioc, acromyrmex, acromyrmex octopinosus, fourmi coupe feuille, fourmi champignoniste, fourmi attineFourmis-manioc sur la calebasse que je leur ai "offerte"...

 

La fourmi-manioc (Acromyrmex octospinosus), appelée également fourmi coupe-feuille, attine ou champignoniste est originaire de l’Amérique Centrale. Introduite accidentellement en Guadeloupe, elle fut signalée pour la première fois en 1954 à Morne-à-l’Eau et a mis moins de 50 ans à coloniser toute l’île. Cette dispersion est rendue possible par l'essaimage de fourmis ailées, qui parviennent dans certains cas à fonder de nouvelles colonies. Aux Antilles, la fourmi-manioc n'est présente « que » sur les îles de Cuba, Guadeloupe, Cariacou, Trinidad & Tobago.

Ces fourmis découpent des végétaux qu'elles transportent jusqu'au nid souterrain où elles constituent une meule pour cultiver un champignon, du genre lépiote. Elles s'alimentent ensuite des fructifications blanches de ce champignon, qui digère la cellulose que ces fourmis sont incapables de digérer. Il sert aussi d’habitat et de nourriture à la reine et aux œufs, larves, nymphes et adultes.

Dans cette espèce polygyne (plusieurs reines), dont la couleur varie de brun jaune à rouge, on distingue 2 castes : les reines, chargées de la reproduction et les ouvrières, chargées du développement de la colonie. Parmi celles-ci, 3 sous-castes :
- les minors (4mm) : chargées des soins apportés au champignon et aux larves,
- les médias : confinées au nid, elles découpent en minuscules fragments les morceaux de feuilles avant qu’ils ne soient incorporés au champignon,
- les majors (plus de 1cm) : elles travaillent hors du nid à la découpe des feuilles.
Les mâles, ne servant qu’à la reproduction, meurent rapidement…

Elles ont développé des mécanismes physiologiques et comportementaux assez particuliers pour lutter contre les infections :
· Elles ont créé des déchetteries/cimetières pour éliminer tous les déchets de la fourmilière et ainsi éviter toute contamination. Les fourmis qui transportent les déchets les déposent à l’entrée de la déchetterie et d’autres fourmis les ramassent. Ces fourmis éboueurs (les vieilles fourmis) ne retournent jamais dans la fourmilière.
· Elles cultivent une bactérie filamenteuse d’aspect blanchâtre qui protège leur champignon symbiote grâce à ses propriétés bactériennes et antifongiques.
· Elles secrètent un antibiotique qui permet de protéger principalement les œufs, larves et nymphes des bactéries présentes dans le nid.

Malheureusement, cette espèce est très polyphage : elle mange beaucoup, et de tout, depuis les miettes tombées du repas, en passant par le jardin où elle dépouille les plantes de leurs feuilles jusqu’au parc forestier de la Basse-Terre, où elle est en train de décimer les fougères arborescentes. J’en ai même vu transporter (avec peine quand-même) une croquette prise non loin de l’écuelle du chat. Disons-le clairement, cette fourmi est un fléau, en raison des ravages qu’elle occasionne !

L’INRA et d’autres chercheurs tentent (mais sans succès pour l’heure) de trouver une solution commercialisable pour éradiquer cette espèce qui n’a pas sa place ici. Un insecticide efficace avait été mis sur le marché, mais, hautement polluant, il en a été retiré. Une des rares solutions trouvées sur le net consiste à disposer près de leur passage, de la pulpe de calebasse (Crescente cujete) fermentée deux jours. Les fourmis en raffolent et emportent des fragments de pulpe, qui perturbe apparemment le champignon qu'elles cultivent. L’INRA avait commencé des tests avec cette pulpe, en 1987 : sur 10 nids traités, 3 furent tués, 3 déplacés, 3 temporairement affaiblis et le 10ème se régala ! Ces essais n'ont pas été poursuivis. (Après avoir fait le même test, parce qu'elles s'étaient attaquées à mes peids de maracuja, j'en arrive au même résultat : Une fourmilière semble avoir disparu, tandis qu'une autre poursuit son activité. NB : La calebasse de la première fourmilière était bien plus avancée, pour ne pas dire pourrie, que la seconde. Peut-être y-a-t'il un lien ? J'y reviendrai après d'autres tests).

tuer les fourmi manioc Tant qu’on ne les dérange pas, elles font leur petit bonhomme de chemin ; mais si on les importune, elle pincent fort avec leurs mandibules, au point de se planter dans votre peau, le « cul » en l’air ! Rien de méchant, mais désagréable tout de même…

 

Grenouille - hylode

27/03/2016 10:52

hylode, grenouille, grenouille de guadeloupe, gounouy, grounouy, hylode de la martinique, hylode de guadeloupe, hylodeSi tant est qu'il fasse nuit, depuis les massifs d'ornement de l'aéroport, jusque dans les bacs à plantes du hall du cinéma Grand Rex au coeur de Pointe-à-Pitre, on l'entend chanter... L'hylode de la Martinique (Eleutherodactylus martinicensis) également appelée gounouy ou grounouy en créole, ou encore rainette brun en français, est une charmante grenouille endémique des petites Antilles, préférant avant tout les milieux humides et arborés, mais s'acclimatant également aux environnements plus arides. On la rencontre depuis les côtes de la Grande Terre jusqu'aux flancs de la Soufrière. Il n'est pas rare non plus qu'elle vienne nous rendre visite jusque dans la salle-de-bain...

De couleur jaune sale à marron foncé, elle mesure de 3 à 5 cm. Ses pattes se terminent par de grands disques digitaux lui permettant de grimper sur des surfaces verticales lisses. Son sifflement correspond soit à l'appel sexuel du mâle, soit au chant de défense du territoire. Laissez-vous séduire et écouez la polyphonie du chant des hylodes qui nous berce tous les soirs (enregistré devant notre maison). Un mâle peut chanter toute une nuit.

Elle se nourrit de petits insectes notamment et, aux abords des habitations, il n'est pas rare que l'hylode de la Martinique chasse sur les murs, près des lampes allumées en compagnie d'anolis et de margouillats, même si ceux-ci peuvent parfois compter parmis ses prédateurs... Mais les principaux restent néanmoins les oiseaux et les scolopendres.

Contrairement aux rainettes et aux crapauds, les femelles pondent les oeufs directement sur le sol, à l'ombre d'une pierre ou de végétaux. La "phase têtard" n'existe pas, et deux semaines plus tard naissent des mini-grenouilles de 5 mm environ. Elles dispsosent de suffisamment de réserves alimentaires pour tenir une semaine environ avant de devoir partir en chasse...

Eleutherodactylus martinicensis - Son nom d'espèce, composé de martinic et du suffixe latin -ensis ("qui vit dans, qui habite") lui a été donné en référence à la Martinique où elle aurait été découverte. NB : cette thèse est controversée et quelques biologistes s'écharpent à ce sujet... Ce dont petite grenouille se fout complètement (et nous avec). 

grenouille de guadeloupe - En revanche, ce dont on ne se moque pas, c'est que notre petite hylode et ses cousines natives des Antilles : "de Pinchon" et "de Barlagne", tout comme l'hylode "de Johnstone" (introduite dans les années 1960) sont en danger pour deux principales raisons :

  • La pollution humaine : réchauffement climatique, déforestation, destruction des habitats naturels, pollution de l’air, de l’eau et de la terre.
  • L’introduction d’espèces envahissantes : rainette X-signée (5,5 cm - dernièrement, de Guyane) et rainette de Cuba (11,5 cm - années 1990, de Floride, dans les îles du nord : Saint-Martin et Saint-Barthélémy). Ces espèces, en pleine expansion en Guadeloupe, non seulement rivalisent avec les hylodes pour l'habitat et la nourriture, mais peuvent également devenir des prédateurs et leur transmettre, en plus, un champignon cutané mortel !

Leur disparition serait une perte pour la biodiversité mondiale car elles ne vivent nulle part ailleurs. Elles participent de plus à la régulation des populations d'insectes et sont de fins bio-indicateurs de la qualité des milieux... L’hylode de Pinchon (la plus petite espèce d'hylode de l'archipel guadeloupéen, endémique de Basse-Terre et qui ne vit que dans cette petite partie du monde) est classée "espèce en DANGER" par l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature ! Il en va de même de l'hylode de Barlagne...

 Chez les Taïnos, la grenouille était considérée comme l'ancêtre mythique de la femme (et la chauve-souris, celui de l'homme).

 

Grillon

27/03/2016 10:59

grillon, grillon de guadeloupe, insectes de guadeloupe, sauterelle, anurogryllus, gryllidaeLes grillons sont des insectes qui font partie de la grande famille des gryllidae, dont on trouve des traces fossiles datant du trias supérieur (220 à 230 millions d’années)… Notre ami pris en photo dans notre cuisine (ci-dessous) serait un Anurogryllus muticus caraibeus (il existe plusieurs milliers d’espèces).

Bien que nocturne, il aime la chaleur et le soleil, il est omnivore et sa durée de vie est d'environ un an. Il est totalement inoffensif.

Les pattes postérieures sont très développées et adaptées au saut. Ils portent à l'extrémité de leur abdomen deux filaments appelés cerques, qui leur permettent de se situer dans leur environnement.

Dans la plupart des espèces, les ailes des grillons ne sont pas adaptées au vol. Les ailes antérieures sont développées en élytres (ailes dures et résistantes), faisant office de bouclier et d'organes stridulatoires : en les relevant de manière oblique et en les frottant l’un contre l’autre, il émet un son strident : la stridulation.

Elle est généralement l’apanage des mâles. S’il existe 6 "chants" identifiés, 3 seulement ont été clairement interprétés :
- le chant d'appel : pour attirer les femelles vers le territoire du mâle.
- le chant de cour : prélude à l'accouplement
- la stridulation d'agressivité : pour intimider un autre mâle, accompagner un combat ou exprimer la victoire.

Les grillons désensibilisent leur système auditif pour ne pas être assourdis par leur propre chant ! il faut dire que ce crissement est particulièrement puissant, au point de vous faire hausser la voix lors d’une discussion à proximité ou de vous faire chercher l’intrus dans les quatre coins de la maison avant d’aller se coucher… Ecoutez-le dans notre jardin en cliquant ici.

En Général, chez les grillons, on distingue les femelles des mâles grâce à leur oviscapte (organe en forme de tube) situé à l’arrière de son abdomen, qu’elle recourbe et enfonce dans le sol pour pondre ses œufs (jusqu’à 700 pour certaines espèces), juste après l’accouplement. Il ne faut d’ailleurs que quelques semaines pour que les jeunes émergent des œufs, complètement formés. Concernant "notre" espèce, il semblerait que la femelle pondent ses œufs dans un terrier, où elle nourrit ses petits une fois nés.


 Quelques infos sur les grillons :
- Les mâles de certaines espèces sont très agressifs les uns avec les autres. Aussi, dans certains pays d’Asie, on organise des combats très réglementés qui font l’objet de paris.
- Leurs tympans sont placés sur le tibia de la première paire de pattes.
- Dans l’utilisation de ses élytres, le grillon est gaucher, à l'inverse de la sauterelle.
- Des grillons sont parfois "poussés au suicide" par un ver parasite, qui doit impérativement rejoindre l’eau pour se reproduire : ce dernier émet une substance chimique qui agit sur le cerveau du grillon, ignorant alors tout danger, l'amenant parfois à se noyer.
- Riche en protéines, il peut être consommé par les humains, comme au Laos où on le savoure frit.
- Dans la Chine ancienne, on organisait des concours de chants de grillons ; les meilleurs chanteurs se vendaient à des prix parfois élevés.
- Dans le calendrier républicain, le Grillon était le nom attribué au 25ème jour du mois de frimaire (décembre).

 

Lambi

27/03/2016 10:48

lambi, strombe géant, conque reine, conque géante, konn a lambiLe lambi (strombus gigas) est encore appelé strombe géant, conque reine ou conque géante. C'est un mollusque comestible des Antilles et de Floride. 

Il vit sur tout type de fonds océaniques situés entre 0 et 100 m mais préférentiellement sur sédiment sablo-vaseux, entre 4 et 18 m en zone non-exploitée. Il se nourrit de débris végétaux ainsi que certaines algues qu'il broute avec une sorte de râpe que l’on appelle la radula. Il existe des lambis mâles et des lambis femelles. Lors de la reproduction, la fécondation est interne (il y a accouplement). Une fois fécondé, le lambi femelle pond des centaines de milliers d’oeufs qui forment une masse qui se recouvre du sable environnant. Quand les oeufs éclosent, des larves sont libérées. Elles nagent parmi le plancton pendant environ un mois avant de se transformer en lambi adulte qui va grandir tout au long de sa vie.

Aujourd'hui encore, il est pêché et consommé en fricassée ou en court-bouillon, on en trouve même dans les bokits ! Face à la surexploitation de l’espèce qui la met en danger, la pêche est réglementée : elle n’est autorisée que pour les pêcheurs professionnels du 01/04 au 01/09, les individus péchés doivent avoir un pavillon formé (il se forme vers l’âge de 3 ans) et sa chair nettoyée doit au minimum peser 250 grammes.. 

On trouve régulièrement sur les bord des routes des vendeurs de lambi ou de conque de lambi (coquillage vidé de sa chair - photo). En le perçant, on en fait un instrument qui auparavant était utilisé comme trompe d’appel. Aujourd’hui les groupes de carnaval l’utilisent encore comme konn'a lambi lors des défilés. Des conques de lambi servent également à ornementer certaines tombes. Elles peuvent également être vernies et vendues comme souvenir pour les touristes.

 En 1967, lors du massacre de mai, la conque de lambi fut également utilisée comme projectile contre les forces de l'ordre. Mais cette utilisation n'est pas recommandée...

 

Margouillat

27/03/2016 10:56

mabouya, margouillat, gecko, lézard de guadeloupe, hémidactyle, hémidactyle commun, hémidactylus mabouia, gecko des maisonsL'hémidactyle commun (Hemidactylus mabouia) est une espèce de geckos, également appelé mabouya domestique ou gecko des maisons, qui se distingue de son cousin, le grand mabouya collant, ou thécadactyle à queue épineuse (Thecadactylus rapicauda). 

hémidactyle En créole, "mabouya" est le nom vernaculaire de certains geckos ou margouillats, issu du caraïbe "mapoya" désignant "démon" ou "mauvais-esprit". Le pauvre... il ne mérite vraiment pas ça !

Ce gecko vit dans la forêt tropicale humide, où l'hygrométrie dépasse les 60 %, avec des températures entre 25 et 30°C la journée et chutant faiblement la nuit (20 à 25°C environ). Comme l'anolis c'est un reptile, mais nocturne. On le trouve aux Antilles, mais aussi dans le sud de l'Afrique (dont il est originaire) et en Amérique Latine. Il n'est pas considéré comme invasif. Le jour, il se cache sous des pierres ou sous l'écorce des arbres, mais il a également maintes cachettes dans la maison.

Il mesure entre 10 et 15 cm de long. Ses pupilles sont verticales, comme celles des serpents et des iguanes. Des écailles gris marron couvrent tout son corps, de la tête au bout de la queue. Le mabouya est doué d'homochromie : il est capable de changer de couleur en fonction de l’endroit où il se trouve et de son humeur €! En cas de danger surtout, et s’il ne peut pas fuir à temps, il porte la même couleur que son support. Sur un mur blanc par exemple, il devient blanc sale et sur un lit de feuilles marron, il devient rouge-brun...

Le mabouya peut s’agripper sur n’importe quelle surface, même sur un mur lisse, une vitre ou au plafond grâce à des coussinets, qui fonctionnent comme des ventouses, et à de petites griffes qu’il possède au bout des cinq doigts de chaque patte. Comme pour tous les amphibiens et reptiles, la température du corps du mabouya est celle de l’air ambiant où il vit. Ainsi, dans la journée, il se réchauffe, collé aux murs qui ont emmagasiné la chaleur du soleil, et le soir, il est prêt à aller chasser toute la nuit.

Il se nourrit des insectes qui sont attirés par la lumière des ampoules et des néons. Il chasse sans relâche jusqu’au petit matin. Il est très utile car il mange les blattes, les hannetons, les moustiques, les moucherons, etc. Il chasse à l’affût : Il guette sa proie silencieusement et s’avance tout doucement vers elle. Lorsqu’il lance sa langue collante sur sa victimes, celle-ci est "€scotchée", et elle ne peut plus en réchapper.

C'est un animal territorial, les mâles défendent leur territoire contre les autres. Il est mature un peu avant sa première année. Les œufs sont pondus deux par deux et incubent durant environ deux mois. Les petits ont le même régime alimentaire que les adultes. On reconnaît un jeune mabouya grâce à des anneaux noirs sur la queue.

margouillat, mabouyat, gecko, lézard, guadeloupe Comme le zandoli, le mabouya est un compagnon curieux et utile qui s'est très bien habitué à l'homme. Sur la photo, notre "copain" de soirée, qui nous rejoint une fois la nuit tombée et qui loge derrière une applique de la terrasse. Bien que très timide, pour la photo, il a tiré la langue... Au fait, j'ai retourné la photo, car en réalité il était "collé" au plafond !

 

Pélican brun

27/03/2016 10:38

pélican, pélican brun, gran gosier, pélican guadeloupeLe pélican brun (Pelecanus occidentalis) ou "Gran Gosier" est un grand oiseau (1,2 m pour 3,5 kg en moyenne). On le trouve en Amérique du Nord (Cotes Est et Ouest des Etats Unis), Amérique centrale et Nord de l'Amérique du Sud (Brésil), et bien sûr, dans les Caraïbes. 

Ses larges ailes arrondies lui permettent d'alterner vol battu et vol plané. Il possède un gros bec grisatre, et une poche gulaire élastique. Ses pattes sont palmées. Les individus immatures (moins de 5 ans) sont entièrement bruns foncé alors que les adultes sont gris et ont le dessus de la tête jaune et le cou blanc. Le Pélican brun niche en mangrove (mais pas en Guadeloupe où on le voit très régulièrement pourtant le long des plages, baies et ports). Il fréquente également les étangs poissonneux. Il partage les dortoirs en mangrove avec les frégates et les hérons. Il est célèbre pour sa technique de pêche  : il effectue de spectaculaires plongeons verticaux jusqu'à plus d'1 m de profondeur ! Comme les Frégates, les Pélicans sont trop souvent victimes de la pêche à la ligne en Guadeloupe. Beaucoup se blessent avec les hameçons ou pire encore, les ingèrent, ce qui cause des lésions mortelles dans la plupart des cas. 

J'adore ses grands yeux bleu clair (pas flagrant sur la photo...). Il est assez indifférent à l'humain : un baigneur me racontait qu'il y a peu de temps un pélican avait plongé à moins d'un mètre de lui... "ça surprend !"

 

Poisson-coffre

27/03/2016 10:34

Les poissons-coffres ("kòf" en créole) font partie de l'ordre des Tétraodontiformes (poissons à squelette peu ossifié, aux nageoires à rayons mous, au corps couvert d'épines ou de plaques osseuses) et se répartissent en deux familles, les Ostraciidés et les Aracanidés. On en recense de par le monde une quarantaine d'espèces, en l'Atlantique, dans l'océan Indien ou le Pacifique, réparties en 11 genres. Parmi celles-ci : 

  • Le poisson-coffre d'Islande (Acanthostracion notacanthus), jaune (Ostracion cubicus), graffiti (Acanthostracion quadricornis), lisse (Ostracion triqueter), pintade (Ostracion meleagris), à points bleus (Ostracion cyanurus)… 
  • Dans les Caraïbes, on peut rencontrer le poisson-coffre mouton (Lactophrys triqueter), l'un des plus communs, qui se nourrit de petits invertébrés qu’il déterre en soufflant dans le sable, Zinga (Lactophrys bicaudalis), beaucoup plus craintif et difficile à approcher en plongée, et à cornes (Acanthostracion polygonius) également nommé poisson-vache en raison des cornes qu’il porte au-dessus des yeux.

Ils ont grosso-modo la forme d'un fer à repasser et peuvent mesurer jusqu'à une bonne quarantaine de centimètres selon les espèces. D'une nature calme, ils broutent dans les eaux tranquilles, près de barrières abritées. Ils se nourrissent d’invertébrés benthiques (qui vivent au fond des mers), mais ingèrent également une grande quantité d’algues.
Le poisson-coffre se caractérise par une carapace anguleuse ossifiée : un exosquelette (squelette extérieur). Il est composée d'un nombre considérable de petites plaques ossifiées et hexagonales, jointives. Seuls de petits orifices permettent aux nageoires, à la gueule, aux globes oculaires et à l'anus de se mouvoir et de remplir leurs fonctions. Cette rigidité de l'exosquelette pose quelques problèmes de renouvellement de l'eau à l'intérieur des cavités branchiales (du fait de la rigidité des opercules) indispensable à la respiration des poissons. Il y pallie notamment en abaissant et en élevant le plancher de sa cavité buccale, permettant ainsi le va et vient de l'eau en quantité suffisante. Le corps étant donc strictement immobile, seules les nageoires assurent sa mobilité. Ce qui le rend plutôt lent mais néanmoins très précis lors de ses déplacements, déplacements rappelant ceux d'un hélicoptère (voir la video). Il peut même faire marche-arrière ! Cette carapace, enfin, une fois desséchée, conserve sa forme initiale, ce qui lui vaut bien souvent de finir en objet de décoration… C'est également cette carapace qui lui vaut son nom de poisson "coffre".
En cas de danger ou de simple stress, le poisson-coffre sécrète une puissante toxine (l'ostracitoxine, grâce à des glandes cutanées réparties essentiellement autour de la bouche) qui peut être mortelle pour d'autres poissons (voire pour lui-même lorsqu'il est en aquarium) mais pas pour l'homme. Et ce poison et cette "armure" naturelle lui valent de n'être finalement que peu inquiété par d'éventuels prédateurs.
Le mâle évolue sur un territoire bien délimité, y tolérant d'autres mâles subordonnés, et fraie en couple, au crépuscule. Ce qui ne l'empêche pas d'être polygame… Les femelles ne sont quant à elles pas territoriales.
Tous les poissons-coffres ne sont pas comestibles, mais certains sont succulents, comme le poisson-coffre à cornes (cf. rubrique gastronomie).

 

Poisson-lion

27/03/2016 10:31

Le poisson lion (Pterois volitans) appartient à la famille des Scorpaenidae, les rascasses, regroupant de nombreux poissons venimeux (il est d'ailleurs également appelé rascasse volante). Etant donnée sa récente apparition dans les eaux des petites Antilles, on ne lui connaît pas de nom créole... 

Il possède un corps très reconnaissable, avec des rayures alternées marrons/rouge sombre et blanche/jaunes (la photo prise à l'aquarium de Pointe à Pitre ne rend pas bien compte des couleurs), des nageoires pectorales "en éventail" rayées elles aussi, une nageoire caudale arrondie. Il présente une série de treize épines dorsales venimeuses, ainsi que des épines pelviennes et anales également venimeuses. Au stade juvénile, il mesure moins de 2,5cm et peut atteindre jusqu’à 49cm (longueur totale) adulte dans la Caraïbe. On retrouve cette espèce dans divers types d’habitats (récifs, épaves, herbiers,...). Le poisson lion affectionne tout particulièrement les lieux présentant des anfractuosités, cavités et surplombs, où il évolue seul ou en groupe, sur un territoire restreint, préférant des zones calmes et sans courant important. Il a été observé de la surface jusqu’à 300m de profondeur. En Guadeloupe sa zone de prédilection est la zone de la côte sous le vent où localement il peut atteindre des densités records. On le rencontre d'ailleurs à chacune de nos plongées du côté de Deshaies... Le poisson lion est une espèce carnivore peu craintive, sans prédateur avéré pour le moment dans la zone Caraïbe, et représente lui-même un prédateur redoutable pour la faune des écosystèmes marins côtiers. Il se nourrit de manière vorace et essentiellement la nuit sur des petits invertébrés et des poissons. Une fois mature sexuellement (au cours de sa première année), la femelle peut pondre jusqu’à 30.000 œufs tous les 4 jours toute l’année. Les larves en surface sont ensuite dispersées par les courants avant de rejoindre le fond au stade juvénile.

Originaire de la région indo-pacifique, il a été introduit accidentellement en 1992 dans les eaux de l'Atlantique, suite à la dévastation de l’aquarium de Floride par un cyclone. Ces rascasses ont très vite proliféré et ont atteint ensuite la mer des caraïbes. Considérée comme une espèce invasive dans la région caribéenne, le poisson lion a été observé officiellement pour la première fois en octobre 2010 dans les eaux guadeloupéennes et sa population ne cesse d’y croître. Il représente aujourd’hui une menace importante pour les écosystèmes marins côtiers de la Caraïbe et de la Guadeloupe. Son mode de reproduction, l’absence de prédateur, sa voracité ainsi que sa résistance en font une espèce hautement invasive.

Le "bon côté" du poisson-lion : en dehors des zones d’interdiction de pêche liée au chlordécone, la chair du poisson lion, non ciguatoxique en Guadeloupe, est non seulement comestible mais également très fine, délicieuse et même recherchée. De nombreux chefs des Antilles le proposent même sur leur carte. Sans parlé de ses prétendues vertus aphrodisiaques... Mais comme dit précédemment, il est doté d’épines venimeuses dangereuses pour l’homme et pouvant être la cause d’accidents plus ou moins graves (si l’on se pique, paraît-il, il faut immédiatement mettre la partie piquée sous l’eau très chaude).

En plus, donc, de représenter un danger écologique (vorace et sans prédateur en milieu coralien), sanitaire (pour l'homme), il est aussi une menace économique potentielle (dévastant certaines zones de pêche). C'est pourquoi, à l’échelle des Antilles françaises, une stratégie de lutte à été mise en place, coordonnée par les Directions de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL) de Guadeloupe et Martinique, avec l’appui du CAR-SPAW, de l’Observatoire du Milieu Marin Martiniquais et des comités des pêches.

 Chasseurs sous-marins de tout poil, unissez vos fusils et harpons, et délaissez vos proies habituelles pour le poisson-lion : vous aiderez un écosystème déjà fragilisé et, avec un peu de savoir-faire, vous vous régalerez de sa chair ! Certains font même des pique-apéritif avec ses épines, la classe !

 

Ravet des maisons

27/03/2016 10:26

blatte, cafard, ravet, ravet des maisons, cafard, ravet, arthropoda, blatte de guadeloupe, cafard de guadeloupe, blatte germanique, ravet des maisonsLe ravet des maisons (pour les intimes : Arthropoda Hexapoda Insecta Pterygota Neoptera Orthopteroidea Blattaria) est le nom créole de la blatte ou cafard le plus répandu dans les Antilles, parmi la vingtaine d’espèces y vivant. Et à travers le monde, cette "petite" famille compte pas loin de 4600 espèces remontant à un peu plus de 355 millions d’années…

De 3 à 5 cm environ, détestant la lumière, c’est un insecte nocturne qui apparaît à la nuit tombée. Et si par malheur, on allume la lumière ou qu’on le déloge de sa cachette en pleine journée, il se met à courir dans tous les sens et à toute vitesse pour s’abriter dans la moindre brèche ou sous le premier meuble venu. Son corps très aplati lui permet de disparaître dans des fissures et des orifices insoupçonnés ! Il aime également les milieux humides comme les caves ou les égouts.

Il vole assez peu, seulement pour découvrir un nouveau territoire d’exploration ou pour fuir une situation dangereuse ; en revanche c’est le Usain Bolt des insectes, ultra-rapide sur ses 6 petites pattes !

Sa présence prolongée n’indique qu’une chose : c’est qu’il y a de la nourriture à sa portée dans les environs. C’est pour cela qu’on le retrouve sous les meubles de cuisines, dans les placards, aux abords des poubelles, etc. Il est omnivore et fait parti des insectes dits "broyeurs" qui se nourrissent de tout ce qui traîne (fruits et légumes, viandes, pain, graisses, céréales, sucre…).

Il n’est pas aimé, peut-être parce qu’il symbolise la saleté (notre saleté) dont il se nourrit, et qu'il est un survivant incontesté, résistant, s’adaptant de plus belle à chaque nouvelle génération. C’est d’ailleurs pour cette raison que peu d’insecticides en viennent à bout. En réalité, pour s’en débarrasser, il suffit d’un environnement propre où la nourriture et les déchets sont conservés de manière hermétique. Car il est vrai qu’en Guadeloupe, comme dans tous les pays chauds, la nourriture se dégrade rapidement et que l’odeur qui s’en dégage ne manque d’attirer nos goinfres de ravets…

Les blattes, en général, sont dites « envahissantes » lorsqu’elle deviennent trop nombreuses et « dévastatrices » quand elles pillent les denrées alimentaires. Leurs excréments dégagent une odeur particulièrement forte et désagréable (qui leur sert à se regrouper) mais peuvent surtout être porteurs de germes toxiques pour l’Homme.

Parmi les cousins du ravet présents en Guadeloupe, citons :
- le "claclate", en voie de disparition,
- de nombreuses blattes des bois,
- et la "blatte germanique" (beaucoup plus petite) qui tend à prendre la place du ravet des maisons. Cette dernière est assez préoccupantes car elle fait partie des 1% de blattes nuisibles au genre humain : elle favorise le développement de gènes pathogènes qu’elle dépose sur les aliments avec lesquels elle est entré en contact. La consommation de ces aliments infectés peut provoquer des gastro-entérites, de la diarrhée et autres types d'infections intestinales (Escherichia coli, salmonelles, staphylocoques…).


: Les blattes étaient utilisées dans la Grèce et la Chine antiques, comme médicaments.

 

Scolopendre

27/03/2016 10:20

mille-pates, scolopendre, scolo, bête mille-pattes, arthropodesA gauche : 4 cm - touvée dans la maison             

A droite :  14 cm - vue dans le jardin

 

La scolopendre (bien qu'on entende de plus en plus "le" scolopendre, ou "scolo"), est communément appelée "mille-pattes", comme son nom créole "bête mille-pattes". Mais il ne faut pas la confondre avec avec les iules (congolios), qui sont également des myriapodes (milles pattes) mais bien inoffensifs.

La scolopendre est de l'embranchement des arthropodes, du sous-embranchement des mandibulaires, de l'ordre des scolopendromorpha et de la famille des scolopendridae. Il en existe de nombreuses espèces.

Elle mesure entre 4 et 40 cm et se faufile en zigzaguant sur le sol. La scolopendre vit dans un habitat végétal, pond ses œufs dans le sol en printemps et en automne. Elle est carnassière, vorace et venimeuse. La nuit, elle chasse les organismes qui envahissent les habitations : araignées, blattes, fourmis etc. On la retrouve dans nos draps parce qu'elle chasse les punaises de lit mais également dans la douche, sur le sol et les recoins de la maison surtout s'ils sont humides et mal nettoyés, car elle ne supporte pas la sécheresse ; c'est d'ailleurs pour cela qu'elle retourne toujours dans son habitat végétal.

Craintive, elle "mord" pour se défendre lorsqu’elle se sent menacée, grâce à ses antennes. Les crochets à venin (forcipules) se situent sous la tête. La morsure est certes très douloureuse, notamment celle des espèces tropicales, mais il est rare d'avoir une nécrose cutanée après morsure ou d'en mourir. Habituellement, les symptômes disparaissent en quelques heures. Les cas les plus graves concernent les très jeunes enfants qui se font mordre dans des régions très précises du corps, la tête ou le cou par exemple. En général, en cas de morsure, faire une désinfection locale, là où la peau a été percée et prendre un antalgique.

Pour éviter une morsure, il est conseillé de bien secouer les draps avant de dormir et les serviettes avant de s'en servir. D'ailleurs, il est préférable d'utiliser des draps et des serviettes de couleurs claires. Pour les tenir à distance, on peut avant tout éviter de lui procurer trop de refuges (objets traînant dans la maison, jardin encombré à proximité des murs) ou utiliser une légère dose d’insecticide pour rampants, quelques traces sur le sol suffisent parfois à la tuer. Des produits respectueux de l’environnement, efficaces, mis au point en Guadeloupe, peuvent être préférés comme une glu à base végétale avec laquelle on trace une ligne tout autour de la maison. La scolopendre ne peut la franchir et reste dans le jardin ou collée dessus. Contrairement à ce que l'on peut entendre, l'une ou l'autre partie d'une scolopendre coupée en deux ne survivra plus. Elle peut rester en vie quelques minutes et est capable de se déplacer ou même de se réfugier mais elle mourra dans les heures qui suivent.

Mais s'il est légitime de vouloir s'en débarasser dans les maisons, il ne faut pas oublier que ce sont d'excellents agents de lutte contre les autres insectes. Ce sont des prédateurs de tout ce qui pourrait être nuisible, mais trop petit et qui échappe à notre vigilance. Les scolopendres sont bénéfiques à notre environnement, à l'intérieur et à l'extérieur de nos habitats.

Certains attrappent les scolos vivantes et les conservent dans le Rhum (mais il paraît que c'est plus pour le fun que pour d'éventuelles qualités gustatives)... Santé !

 

Vonvon

27/03/2016 10:16

vonvon, abeille charpentière, xylocopa, xylocopa mardaxLe vonvon (que tous les Guadeloupéens appellent ainsi, du bruit de bombardier qu'il fait en volant : "vonn... vonn… vonn…"), xylocopa mardax est un genre d'hyménoptère (grande famille d'insectes qui compte 1 à 5 millions d'espèces différentes !) de la famille des Apidae (abeilles), le seul genre de la tribu des Xylocopini. Ce n'est en effet pas un coléoptère - comme on pourrait le croire à première vue, mais un gros bourdon !

On entend arriver de loin son vrombissement continu. D'un noir brillant au reflet presque bleu métallique, il semble voler de manière balourde - bien que rapidement, généralement vers des fleurs qu'il butine inlassablement, sa préférence allant à la fleur de maracudja... 

"Il" ? "Elle" - devrais-je dire, est dotée d'un dard (car le mâle n'en a pas et ne butine pas, un "sous-vonvon" en quelque sorte...), dard capable d'infliger de douloureuses piqûres ! Mais elle ne s'en sert qu'en cas d'absolue nécessité défensive : c'est une grande pacifiste ! 3 ou 4 spécimens tournent en permanence autour de nos pieds de maracudja, le long de la terrasse et jamais aucun ne s'est montré menaçant…

Les vonvons, qui correspondent à ce que l'on appelle parfois en français "abeilles charpentières", creusent leur nid dans le bois des arbres ou des constructions. Et ils n'y vont pas de "mandibules mortes" car, bien que n'étant pas xylophages (qui se nourrit du bois), ils peuvent creuser des galeries atteignant jusqu'à 1.5 cm de diamètre et pouvant, au final, être dommageables pour les charpentes et les arbres. Les femelles y pondent quelques dizaines d'œufs, qui donneront de charmantes larves de 2 cm environ et qui seront nourries de nectar et de pollen.

Réglé comme une pointeuse de la fonction publique, le vonvon apparaît dès les premières heures ensoleillées de la journée et repart soit avec la pluie, soit peu de temps avant la tombée de la nuit.

 Il existe aussi un "vonvon chabin" légèrement plus petit, à la robe marron et jaune, et aux yeux verts (une vraie beauté...).

 

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